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Par Avenue 229 le 22/04/2015 à 18:20 Voir l'article

Deuxième profil du mois, Seliger Alumni 2013 et YALI 2015, Sara Idohou est une jeune leader associatif et entrepreneure, âgée de 24 ans. Directrice générale de Empower Pyramid Sarl, et fondatrice de Young Leaders Corporation, je la côtoie depuis 2007 entre milieux universitaires et professionnels. L’organisation dont je suis membre, YPA Development, et la sienne ont pu mener à bien des initiatives conjointes entre 2012 et 2014. C’est avec plaisir que nous l’accueillons ce mois parmi « Les Béninois qui Font ! ».

Sara Idohou

A.D.: Nous sommes très honorés de rencontrer ici une jeune leader béninoise comme vous. Pourriez-vous nous parler de vous et des domaines professionnels dans lesquels vous travaillez le plus ?
S.I.: Je suis Consultante-Formatrice et Directrice Générale du Cabinet Empower Pyramid SARL, une structure spécialisée dans le coaching et le renforcement des capacités. J’ai aussi fondé l’ONG Young Leaders Corporation. Et il m’importe de dire que je fais également partie des jeunes qui compose le US Ambassador’s Youth Council (Conseil des Jeunes de l’Ambassadeur des Etats-Unis près le Bénin, ndlr) , un Conseil consultatif mandaté pour orienter l’Ambassadeur dans des activités conjointes avec toute la Mission Américaine ici au Bénin.

A.D.: Pourquoi un intérêt particulier et votre engagement pour les domaines de l’entrepreneuriat en général à travers votre cabinet, et du développement des jeunes et femmes à travers votre ONG?
S.I.: Je vous confie que j’ai vécu dans mon jeune-âge une farouche opposition de mon père relative à mon orientation académique, professionnelle et tout ce qui constitue mes plus grands rêves dans la vie, car étant pour la plupart différents des siens pour moi. J’ai donc dû à un moment donné, faire des choix difficiles. Cependant, cela a forgé ma détermination et mon audace. J’y serais encore moins arrivée, si je n’avais compris par moi-même qu’il fallait faire preuve de Leadership et d’entrepreneuriat afin d’être autonome. C’est cela qui a éveillé mon intérêt pour ces deux grands domaines. Aussi, mes formations académiques et professionnelles m’ont finalement servi à m’axer autour de l’entrepreneuriat avec toutes ses composantes (création, développement et performance de l’entreprise) sans négliger ma soif de faire bénéficier à des milliers d’autres personnes les outils que j’ai appris.

A.D.: Et quelles ont été depuis les actions concrètes que vous avez menées pour faire avancer les choses ? Quelles en sont les retombées ?
S.I.:  De 2012 à ce jour, j’ai initié, conduit et/ou appuyé plus de cinquante activités de moyenne et grande envergure dans nos domaines respectifs. En termes de résultats, ces activités ont impacté plus de 10 000 jeunes et femmes chômeurs, étudiants, entrepreneurs et autres et près de 4 000 internautes qui ne manquent de nous faire parvenir des témoignages via les réseaux sociaux. Mes deux plus grandes initiatives à succès sont : le Projet des « Jeunes Volontaires au Service du Développement » qui a permis de former plus de 1 500 étudiants au Volontariat avec 600 qui se sont spontanément inscrits en tant que volontaires dans notre base de données, et le Projet du « Social Entrepreneurship Fair (SEF) » (Foire de l’Entrepreneuriat Social, ndlr) qui permet de former beaucoup de jeunes sur l’Entrepreneuriat social et de promouvoir les meilleurs Entrepreneurs sociaux à travers une grande foire qui a primé par des Trophées les trois plus excellents ayant participé à l’Initiative. Cette année aura bientôt lieu la 2ème Edition du SEF. La plus grande satisfaction reçue à travers ces projets, sont les témoignages émouvant de personnes dont les vies ont changé après qu’ils aient pris part à l’une de ces initiatives. Aujourd’hui des Clubs Young Leaders Corporation (YLC) sont en train d’être créés dans des universités et villes dans le pays afin que beaucoup plus de jeunes et de femmes bénéficient de nos initiatives. Ces Clubs démarreront bientôt avec leur lancement officiel à travers une activité spéciale dénommé le « CHALLENGE ACTIVITY ».

A.D.: Ce sont forcément des témoignages qui vous encouragent encore. J’imagine quand même que tout ceci n’a pas été sans faire face à des obstacles et relever des défis : Quels ont été vos difficultés?

S.I.:

Au-delà des compétences, de l’énergie et de la volonté investies, il existe deux ressources incontournables dans le monde du Business et de la vie Associative : la ressource humaine et la ressource financière.

Du point de vue humain, les obstacles sont le fait de travailler et/ou de collaborer avec des personnes mal choisies soit parce que leur vision n’est pas complètement à la hauteur de celle inspirée, soit parce qu’ils ne sont pas forcément prêts à un véritable sacrifice pour l’atteinte des objectifs. Sur ce point précis, je travaille à davantage motiver les membres de mes équipes, à mieux les comprendre pour les conseiller sur leur performance ou les orienter définitivement vers un autre centre d’intérêt qui leur serait plus utile afin d’accueillir de nouvelles personnes qui s’investiront mieux, mais surtout et avant tout être moi-même un exemple de résultat positif qui leur prouve qu’ils peuvent dépasser leurs limites et donner le meilleur d’eux-mêmes. J’ai également connu plusieurs fois des difficultés ou limites financières en tant qu’entrepreneure mais aussi en tant que leader associatif qui cependant ne m’ont jamais poussé à baisser les bras.

Sara Idohou et la Directrice des CROUS lors de la International Women Day 2015

A.D.: Dites-nous Sara, nous savons que vous êtes l’une des 500 jeunes leaders africains, et certainement la plus jeune parmi les 06 sélectionnés au Bénin, cette année pour l’initiative Mandela Washington Fellowship du Président Américain Barak Obama (YALI)? Que représente cela pour vous ?

S.I.: Le Mandela Washington Fellowship, comme vous dites, est à l’initiative du Président OBAMA ; C’est un programme de Leadership de très haut niveau qu’il a initié dans son objectif d’investir dans la  jeune génération talentueuse susceptible de changer l’Afrique dans les domaines public, privé et de la société civile. J’aurai l’avantage d’être non seulement formée mais de faire un stage complémentaire dans l’une des plus grandes institutions des Etats-Unis. Cette sélection, pour moi, représente à la fois une consécration pour le travail que j’abats au quotidien. Mais c’est aussi une victoire pour mes mentors qui ne cessent d’investir qualitativement dans la construction de ma personnalité, pour mes parents qui ont fini par accepter mes passions et mes rêves, pour mes collaborateurs et amis qui mènent avec moi ce combat et rendent la traversée agréable. Et bien sûr, sans oublier tous ces jeunes et femmes qui sont inspirés par mes actions et mon parcours et qui ont besoin que je les inspire davantage. C’est une expérience de vie unique.

A.D.: Toutes nos félicitations Sara. Alors, sauriez-vous déjà partager avec nous ce que le Bénin ou l’Afrique peut donc espérer de vous au terme de ce Programme ?
S.I.: Au terme du Programme, j’espère vraiment revenir galvanisée au Bénin, plus expérimentée, plus professionnelle, et aussi avec de meilleures initiatives et de meilleures méthodes ou techniques d’exécution. Aussi, les plus grands domaines qui me tiennent à cœur, outre l’entrepreneuriat et le leadership, sont le système éducatif à la base au Bénin et le rôle prépondérant de la Femme dans les instances de prise de décisions en tant qu’acteur du développement. J’envisage aussi élargir YLC au-delà des frontières en l’implantant un peu partout en Afrique pour que sa vision soit portée par plusieurs autres jeunes dans d’autres pays d’Afrique.

A.D.: Avez-vous déjà participé à différents programmes et formations hors du Bénin ? Et pensez-vous que la mobilité est ou non un facteur de réussite pour le développement communautaire et la réussite personnelle ?
S.I.: En 2013, j’ai eu le privilège d’être sélectionnée parmi les 800 jeunes leaders venant de 139 pays du Monde pour participer sur deux semaines au Forum International de la Jeunesse qui a eu lieu en Russie « International Youth Forum, Seliger 2013 ». Le Programme bien meublé a élargi ma perception en matière d’innovation suite aux nombreux échanges que j’ai eus avec mes pairs venant des quatre (04) coins du monde, au travers leurs inspirantes histoires, et leurs expériences personnelles. A mon retour de la Russie, j’étais plus que motivée et déterminée à implanter des programmes encore plus adaptés. Le Programme « Social Entrepreneurship Fair » dont j’ai parlé plus tôt est un produit de cette expérience enrichissante. Outre l’Expérience de la Russie, j’ai eu l’occasion de faire certaines formations et une expérience de Volontaire au Ghana qui m’ont également enrichies, sans compter mes traversées dans des pays tels que le Togo et la Côte d’Ivoire, mon Pays natal. Il est donc clair pour moi, que la mobilité internationale est un facteur indispensable à la réussite des projets et entreprises car elle offre l’opportunité de vivre de plus près l’expérience et les méthodologies des autres pays, et permet de capitaliser leurs facteurs de réussite et de performance. Il faut donc sortir et expérimenter ce qui se passe ailleurs afin d’en faire profiter son propre pays.

A.D.: Un mot de fin ? Pour encourager d’autres jeunes dans les mêmes domaines que vous ? Ou se joindre à vous pour une action commune ?
S.I.: Entreprendre dans le monde des affaires ou même dans le social, demande beaucoup de passion et de sacrifices , mais c’est de loin, l’une des meilleures façons de valoriser vos talents et de véritablement concrétiser vos rêves. Les nombreux obstacles et difficultés que l’on rencontre ne doivent aucunement être une source de désespoir mais un facteur de motivation pour relever les défis et être fier à la fin d’avoir remporté la victoire. J’aimerais encourager chaque jeune à oser ! Au-delà de l’audace, à s’armer de courage, de patience, et de persévérance. Accompagnez vos rêves d’actions et n’arrêtez pas jusqu’à avoir atteint le sommet que vous espérez. Et lorsque vous êtes au sommet, n’oubliez pas de soutenir ceux qui ont envie de vous rejoindre.

Chers lecteurs, nous bouclons ainsi pour ce mois avec nos deux profils ! Nous espérons vous avoir apporté des informations utiles sur ce que font ces jeunes. A bientôt pour les deux nouveaux profils du mois de Mai. Merci à Sara pour cette interview, Merci à vous chers abonnés!