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Par Fraternité Info le 19/05/2015 à 04:57 Voir l'article

La nation attend impatiemment l’élection du nouveau bureau de l’Assemblée nationale et l’identité du successeur de Mathurin Coffi Nago au perchoir. Une partie de l’avenir du pays se joue ce mardi 19 mai 2015 au Palais des Gouverneurs. Sur le ressort parlementaire, un vote crucial fait déjà mouvoir les champions de l’opinion. La bataille inaugurale de la 7ème législature met en transe les écuries du landerneau. Le peuple retient son souffle devant le fleuve politique en crue.
L’élection du bureau du Parlement est un grand moment de démocratie. Et le choix du Président de l’institution reste un événement que l’histoire se charge d’inscrire dans ses annales. Clin d’œil de l’histoire, les anciens présidents de l’Assemblée nationale seront acteurs et témoins du nouveau chapitre politique d’une législature annoncée comme l’une des plus fournies de l’ère démocratique. Avec un ordre du jour alléchant et un maître de cérémonie haut de gamme, une dame de fer, l’exceptionnelle maman Rosine Vieyra Soglo, cette législature semble promettre une entame agitée.
Cette 7ème législature va vivre des heures d’une rare importance politique. Et chaque seconde risque de peser dans la navigation électorale au Palais des gouverneurs, le centre nerveux de la politique. Difficile de parier sur l’issue du vote historique de ce grand mardi. En revanche, aucune ombre sur l’enjeu de l’élection qui met en transe la classe politique et fait arrêter le temps dans un pays tombé dans l’emballement depuis le vote pédagogique du 26 avril. Aucun grain de doute sur l’impact potentiel de la précieuse élection du bureau de l’Assemblée nationale sur la présidentielle de 2016. Aucune illusion sur le destin des vaincus de cette lutte implacable pour le contrôle de l’instance dirigeante de la représentation nationale. L’enjeu, c’est la logique politique et la dynamique irréversible de l’alternance ou de la continuité. Et plus loin, le contrôle des institutions comme la Cour Constitutionnelle, la Haute Cour de Justice et la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac).
L’enjeu n’autorise pas qu’on fasse recours à la politique de camouflage avec le système de procuration qui sert d’ascenseur à des députés mis sur le marché et exposés aux transactions les plus folles et les plus humiliantes. L’enjeu exige une présence physique de tous les députés à l’hémicycle pour l’expression saine de leur volonté par le vote. Que la procuration ne soit pas la règle et qu’elle ne soit pas un mode de vie parlementaire. La stratégie politique de procuration ressemble à cette volonté de pervertir le vote et de trahir la confiance des électeurs du 26 avril. Mais, l’histoire assistée par l’œil de la conscience se chargera du reste.
Pour la crédibilité de la 7ème législature, Mouvance et Opposition doivent s’affronter à visage découvert et assumer les résultats du vote. Et que les vainqueurs célèbrent dans la joie leur sacre. Que les vaincus perdent dans la dignité et abandonnent la symphonie lugubre du mauvais perdant.
Et surtout que le passage obligé dans le couloir de l’élection du bureau national ne débouche pas sur une incitation à la vindicte populaire. Le rendez-vous historique de ce jour devrait assurer une mise en scène de l’engagement politique et la mise en œuvre de l’éthique de responsabilité, loin des galipettes des félons.
Maman Rosine aura le privilège de diriger ce vote événementiel. Ce soir ou peut-être au petit matin du mercredi, la nuit la plus longue livrera son verdict. On connaîtra les nouveaux maîtres de l’hémicycle et surtout le successeur de Nago.