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Par Fraternité Info le 21/05/2015 à 01:02 Voir l'article

La classe politique n’aura décidément pas de répit. Et Les électeurs ne seront pas en vacances. A peine sortie des législatives que la nation s’apprête à retourner aux urnes le 28 juin prochain. Dans le fracas de l’élection du bureau de l’Assemblée nationale, la décision de la Cour Constitutionnelle est presque passée inaperçue. Le sacre du chef arc-en-ciel, porté au perchoir par l’échelle anti cauri de l’opposition, a éclipsé la fixation de la date du grand rendez-vous local. Mais, l’évidence a surgi dans les consciences après le virage historique négocié à l’hémicycle.
Ce sera donc le 28 juin. La politique stagne au cœur de la République avec le cyclone des locales, communales et municipales. L’épilogue du feuilleton des législatives cède à l’heureux rebondissement dans le cinoche des élections à la base et le renouvellement programmé des conseils communaux et municipaux. Absorbée par les gros enjeux au Palais des Gouverneurs et la course à la succession de Mathurin Nago, la 7ème législature trop bipolaire avait jusqu’ici taillé ses urgences depuis l’implacable vérité du 26 avril. Les prolongations fleuves déroulées depuis deux ans sous la grande complicité politique et les cartes obscures ne pouvaient s’éterniser. Enfin, il faut passer à l’acte.
La bataille pour le contrôle des communes s’annonce rude. Les législatives ont révélé les nouvelles forces en présence et dévoilé la régression, les avancées et la poussée politique des partis et alliances de partis en compétition. Mais, le combat pour le perchoir a fait émerger des solidarités préfabriquées ou opportunistes, de rapprochements instinctives, dont la longévité peut être mise à rude épreuve pendant la campagne des locales , communales et municipales.
Le 28 juin fera retomber la sphère politique dans les rivalités des camps, des clans et la grosse agitation sur l’obsession des ambitions. Certaines villes, Cotonou, Parakou, Abomey Calavi, Abomey … sont de potentielles grosses attractions et elles devront offrir de joutes indécises et passionnantes. La mise sur piédestal du héros de la coalition anti Fcbe, Adrien Houngbédji, et l’hystérie déversée sur le bureau sorti de la maison anti Yayi, n’ont peut-être pas encore livré tous leurs secrets. Seule certitude : les communales et municipales vont délivrer de grands matchs politiques.
Le report validé par les 7 sages de la Haute Juridiction porte des exigences et risque de contraindre les candidats à un pédalage politique et financier. Surtout que la longue campagne électorale sera physiquement et financièrement éprouvante. Avec la boulimie de l’électorat et la contagion de la corruption électorale, l’affaire paraît déjà pesante et compliquée pour les candidats à la bourse modeste et au périmètre d’action très grand.
Il n’y aura pas de repos pour les acteurs politiques des législatives. Juin ne sera pas tranquille dans l’espace politique et le discours de campagne reviendra attiser les passions populaires. En route pour 2016, les élections de juin sont un test d’apparence anodine mais dont l’issue devrait avoir un impact psychologique sur la foule électrice. Encore sous l’émotion du spectaculaire duel Houngbédji-Komi et la victoire du cador politique et ancien président du Parlement, l’opposition hétéroclite est condamnée à vite descendre sur terre. Et la mouvance cauri, frappée par l’illusion, a un impératif vital : Quitter les bas-fonds d’un terrible échec que le score 42-41 rend plutôt cruel.
Le 28 juin prononcera sa sentence. Le marathon politico-électoral durera encore un mois. Et avec Yayi à la Marina et Houngbédji de retour au perchoir, on dansera au rythme de la mélodie de 2016. Très excitant.