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Par Fraternité Info le 21/05/2015 à 01:23 Voir l'article

C’est peu de le dire. Les routes béninoises sont dans un piteux état. Plus encore les ponts et ouvrages d’art érigés depuis des lustres au niveau des cours d’eau pour faciliter le passage aux usagers de la route. Ces derniers temps, des cas graves d’accidents de circulation mettant aux prises les gros porteurs et les véhicules légers au niveau de certains ponts nécessitent que l’on tire la sonnette d’alarme. En l’espace de quelques semaines, nos cours d’eaux ont accueilli à deux reprises, en lieu et place des barques et pirogues, des camions lourdement chargés qui y ont achevé leurs courses. Les corps sans vie repêchés après de longues heures de recherche attestent de l’étendue de ce drame.
Les ponts de Kpoto dans le Zou et de Gadomey dans le Mono qui ont connu ces cas d’accidents ne sont plus adaptés à la densité du trafic. En effet, les gros porteurs en partance pour le septentrion d’une part et en provenance de la frontière de Hilla-condji d’autre part de même que les bus et les véhicules à quatre roues qui transportent des passagers vers diverses destinations sont obligés de se frayer leur chemin au niveau de ces ponts dont l’étroitesse n’est plus à démontrer. La moindre manœuvre indélicate d’un conducteur surexcité à ces endroits peut le conduire dans le décor avec tout son chargement. Si au moins, la chaussée était beaucoup plus élargie, les risques d’accrochages seraient nettement réduits.
Justement, les multiples travaux de réhabilitation et de construction de routes engagés depuis l’avènement du régime en place en avril 2006 n’ont pas encore pris en compte l’aspect relatif à la consolidation et à l’érection des ponts. C’est à toute une gymnastique que se livrent les conducteurs pour arriver sains et saufs à destination. L’Etat à travers le ministère des travaux publics a du pain sur la planche en matière d’entretien et de rénovation des ponts et ouvrages d’art qui constituent de véritables pièges à hommes en de multiples endroits, un peu partout sur toute l’étendue du territoire national.
Mise à part cette défaillance en termes d’infrastructures routières adéquates, il faut aussi reconnaître que les usagers de la route ne font pas souvent montre de prudence dans leur conduite. Des excès préjudiciables à leur intégrité physique sont souvent notés dans leurs rangs. Les responsabilités ainsi situées ne dédouanent pas pour autant les pouvoirs publics qui ne mettent pas suffisamment de garde-fous, surtout pour ce qui est de l’entretien des voies afin de prévenir les cas d’accidents graves qui sèment la psychose au sein des populations. Les moyens limités de l’Etat ne permettant pas aux diverses structures sous la coupole du ministère des travaux publics de veiller suffisamment au grain, il est de la responsabilité des conducteurs de se ménager, malgré le piteux état des voies, pour limiter les cas d’accident. C’est là qu’apparaît le rôle ô combien précieux que le Centre national de la sécurité routière est appelé à jouer sans défaillir.