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Par Sinatou SAKA le 26/05/2015 à 11:41 Voir l'article

Du Burkina au Burundi en passant par la Côte d’Ivoire et la Centrafrique, les élections présidentielles, législatives et locales sont nombreuses en 2015 sur le continent Africain. Les jeunes n’entendent pas rester en marge de ces prochaines échéances électorales. D’autant plus que malgré une population très jeune, la moyenne d’âge des dirigeants africains est de 62 ans. Près des mouvements de la société civile comme Y’en a marre au Sénégal et Balai citoyen au Burkina Faso, certains jeunes s’engagent clairement dans des mouvements politiques. Portrait de ces jeunes qui briguent des mandats politiques.

Yasmina Ouegni est la plus jeune députée de la Côte d’Ivoire. A 35 ans, l’élue répondait à l’hebdomadaire « Jeune Afrique », dans son dernier numéro, qu’elle est entrée en politique « pour ne plus subir les événements ». Son parti (Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-PDCI) cherchait des jeunes et son nom (cadette de l’ex- directeur du protocole du président Houphouet-Boigny, Georges Ouégnin) l’a aidé à décrocher la députation à Cocody (une commune d’Abidjan).

Au Burkina Faso, Hervé Ouatara, 34 ans est aussi député à l’Assemblée Nationale de la transition. Coordonnateur du mouvement de la société civile CAR (Collectif Anti Referendum devenu Citoyens Africains pour la Renaissance), il estime que la frontière entre la société civile et la politique est très mince en Afrique. «  A l’intérieur des mouvements dite de la société civile, il y a toujours des hommes politiques » dit – il de façon très réaliste. A l’instar de plusieurs burkinabè, il justifie son entrée en politique par le départ de l’ancien président Blaise Compaoré. « Avant, les résultats aux élections étaient connues d’avance. Aujourd’hui, nous avons les moyens de proposer des solutions alternatives » affirme le jeune parlementaire de la société civile.

Contrairement au Burkina Faso, les candidatures indépendantes ne sont pas possible dans d’autres pays africains comme le Bénin. Il est indispensable pour les jeunes d’appartenir à des partis politiques qui ne correspondent pas toujours à leurs attentes actuelles.

C’est le cas de Lionel Kpénou Chobli, candidat aux élections municipales au Bénin sur la liste de l’alliance nationale pour la démocratie et le développement (AND). Ce jeune Béninois de 31 ans a décidé d’entrer en politique pour représenter les jeunes. Selon cet avocat de formation, les dirigeants politiques Béninois ne représentent pas la réalité démographique de la population. Il estime par ailleurs difficile de mener des actions pérennes dans la société, sans levier politique. Sa solution? se présenter au scrutin pour avoir un impact visible et important.

Frontalier du Bénin, Parfait Djafalo a 27 ans et vient juste d’être nommé membre du cabinet du Président du Parti des Togolais, Alberto Olympio. Son parcours politique a commencé avec une page personnelle Facebook très active. Il y menait notamment des débats sur la gestion de son pays. S’occuper des affaires publiques est un devoir pour chaque citoyen” dit – il au sujet des origines de son engagement politique qui lui permettrait de “jouer un rôle décisif désormais”.

Malgré leur engouement, tous ces jeunes sont quelques fois désillusionnés par la politique sous les tropiques. La jeune députée ivoirienne Yasmina Ouégnin se dit déçue de la politique dans son pays.L’assemblée a un rôle très limitée dans un pays au régime trop présidentialiste” dit- elle.

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Nourou Dine Saka Saley, juriste béninois, a quant à lui, une autre lecture des jeunes et de la politique en Afrique. Il remarque que la population africaine a beau être très jeune, la moyenne d’âge des présidentiables reste plus élevée qu’en occident.

Il ajoute:  Les jeunes qui entrent dans la politique en Afrique sont cooptés par leurs parents au pouvoir . Il n’existe pas de parcours ou d’école politique en Afrique. Ceux dont les parents n’occupent pas des fonctions politiques sont toujours dans la contestation populaire ou dans l’opposition selon Nourou Dine.

Pour le juriste, les places politiques s’achètent encore aujourd’hui sur les listes électorales. Outre cette contrainte financière, les électeurs s’identifient toujours à des figures de patriarche en Afrique.

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