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Par La Presse du Jour le 14/11/2016 à 10:04 Voir l'article

Le vendredi 11 novembre 2016, le Chef de l’Etat effectuait sa troisième sortie officielle sur le plan national à Parakou après Ouidah et Savalou. Ceci à un moment où certains de ses compatriotes commencent par s’impatienter par rapport aux actions à poser par le gouvernement du nouveau départ devant améliorer leurs conditions de vie et de travail. Cette sortie est aussi venue quelques jours après l’affaire «cocaïne» retrouvée dans l’un des conteneurs de la société de son allié politique, Sébastien Germain Ajavon. Bref, voilà plus de sept  mois que Patrice Talon est presque muet sur ses actions aux commandes du pays. A Parakou, le président de la République était beaucoup attendu sur maints  sujets. Les Béninois voulaient l’entendre, tout au moins pour qu’il les rassure à nouveau. Et visiblement, les Béninois devraient avoir entendu ce qu’ils voulaient entendre.

Aucun sujet d’actualité n’était tabou pour le Chef de l’Etat face à des Parakois et Parakoises de tout rang social vendredi dernier à Parakou. Les populations de la cité des Kobourous ont eu le privilège d’écouter les explications du Chef de l’Etat sur les actions qu’il a menées au cours de ses sept premiers mois à la tête du pays. Très tôt dans son intervention, Patrice Talon a rassuré : «Je vous affirme que je demeure prêt et que je me suis déjà mis au travail. Et il se confie. Un rare exercice fait par un Chef de l’Etat en face de ses compatriotes. «Les sept mois qui viennent de s’écouler ont été, pour moi, éprouvants. Il a fallu consacrer mes jours, mes nuits à repenser plus que je ne l’imaginais, à réorganiser le pays dans tous les sens, dans tous les secteurs pour faire face au quotidien et engager la réflexion pour la suite». Puis, Talon débouche sur la boussole de son quinquennat, le programme d’action 2016-2021 que tout le monde attendait. «Nous venons de finaliser, tout en gérant le quotidien, notre Plan d’Action pour les quatre ans et demi qu’il nous reste. Je voudrais vous dire ici, les yeux dans les yeux, qu’à la fin du mandat, vous serez fiers de moi. Nous n’avons pas la prétention de tout régler mais nous allons faire l’essentiel. Nous allons mettre le pays sur les rails. Nous avons maintenant établi, avec pertinence, ce qu’il faut faire dans chaque domaine. Nous avons déjà les accords de principe de tous nos partenaires techniques et financiers. Dans quelques mois, nous allons mettre le pays entier en chantier».

Le soutien des populations sollicité

Le développement du pays ne saurait être l’affaire du Chef de l’Etat et de son gouvernement seuls. Alors, il sollicite le soutien des Béninois. «J’ai besoin de votre mobilisation. J’ai besoin que mes compatriotes soient déterminés pour serrer encore la ceinture afin qu’on parvienne rapidement à résoudre les problèmes qui se posent à notre pays. Nous allons construire le pays et vous allez commencer à voir les effets très bientôt», a-t-il dit. L’opportunité est aussi saisie par le premier des Béninois d’évoquer le projet de budget général, gestion 2017, rendu public il y a quelques jours et envoyé à l’Assemblée Nationale pour le vote. Un budget qui enregistre du scepticisme de la part de quelques Béninois en ce qui concerne son montant de plus de 2010 milliards de francs cfa. Des doutes que le Chef de l’Etat entend dissiper rapidement. «Nous avons déposé le budget 2017, au parlement, avec une projection budgétaire de plus de 2010 milliards et mes compatriotes sont restés sceptiques. Parce que nous avons vu, ici, annoncer des budgets mais réalisés, chaque fois, à peine à moitié. Oui, un budget annoncé à plus de 2010 milliards ! Ce sera réalisé à combien ? A 800, à 1000 milliards maximum. C’est parce que ceux qui le disent ne me connaissent pas. Ceux qui me connaissent savent très bien que je n’annonce pas, publiquement, ce que je ne suis pas capable de faire». Puis, Talon met en garde. «Le populisme ne sera pas notre mode de gouvernance. Je n’annonce pas publiquement ce que je ne suis pas capable de faire».

Lutte contre l’impunité

Au sujet de l’impunité, Patrice Talon était très attendu dans son discours. Surtout après une semaine dominée par l’affaire de cocaïne retrouvée dans l’un des conteneurs destinés à la société Cajaf  Comon de son allié politique Sébastien Germain Ajavon. Sur le sujet, que n’a-t-on pas entendu ! Le silence du chef de l’Etat vis-à-vis du dossier a été interprété de plusieurs manières. Mais pour Talon, quelle que soit la tête du Béninois, la loi reste la loi et le seul combat qui vaille est celui contre l’impunité. «…Je n’encouragerai pas l’impunité qui reste une gangrène de notre pays. Aucun béninois ne sera au-dessus de la loi. (…)  Évitons les intoxications et autres machinations inutiles. Le Bénin a besoin de nous tous. Je compte sur vous, sur nous. (…) Nous ferons certainement des erreurs sur notre parcours mais la foi de mon gouvernement ne s’ébranlera point…», a promis le président de la République. Après Parakou, la délégation ministérielle est allée à Djougou, fief de son ministre du développement, Abdoulaye Bio Tchané et à Sèmèrè où récemment, la désignation de l’imam de la ville a tourné au drame. Seulement, grâce à la médiation du Chef de l’Etat, les protagonistes ont trouvé un accord.

Message aux populations de Sèmèrè et Djougou

Je remercie les populations de Djougou et de Sèmèrè pour la qualité de l’accueil et l’hospitalité dont elles ont fait preuve hier lors de la deuxième journée de ma tournée septentrionale qui vient de s’achever.

J’ai été honoré en compagnie du ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané, d’assister à la séance de prière dite en l’honneur du retour à la paix et à la consolidation des liens de fraternité unissant tous les fils et filles de Sèmèrè auxquels je n’ai pas manqué de rappeler l’importance de la préservation de la Paix, indispensable au développement de nos villes et villages. Le Bénin a besoin de tous ses fils et filles où qu’ils soient.

À Djougou, j’ai reçu les doléances et mots d’encouragement des populations qui n’ont pas manqué de réaffirmer à mon gouvernement et à moi-même leur soutien indéfectible dans la mise en œuvre des grands chantiers du Programme d’Action du Gouvernement.

Cette première tournée septentrionale m’a rassuré et réconforté que les ambitions de mon gouvernement sont aussi celles des béninois à la base.

J’invite chaque béninois dans sa communauté à œuvrer et s’investir pour qu’ensemble nous nourrissions le vœu pieux de voir par nos actions, notre pays amorcer le développement tant souhaité.C’est possible dans l’Union et le travail.

J’y crois fermement.