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Par Chaque jour est une vie le 06/05/2014 à 13:24 Voir l'article

 

Pour deux jours, l’ICANN s’est donné comme challenge de réunir à Cotonou un panel de haut niveau pour discuter des noms de domaines, des marques déposées et de la protection des droits des utilisateurs en Afrique. Et pour réussir brillamment cette épreuve, l’ICANN a vu les choses en grand et n’a laissé sur aucun détail, vraiment; je n’en veux pour preuve que la sélection des participants.

ICANN est l’acronyme de Internet Corporation for Assigned Names and Numbers. En gros, il s’agit d’une organisation privée internationale multi-partie qui gère les ressources Internet dans l’intérêt du public. Elle est surtout connue pour son rôle de coordination du Système de noms de domaines (DNS pour les plus avertis d’entre vous) sur Internet. Les non-initiés pourront toujours « googler », mais sachez déjà que DNS est le service qui s’occupe de la résolution de noms (site web par exemple) en adresse IP exploitable par les ordinateurs. En fait, contrairement aux humains qui se retrouvent mieux avec les noms plutôt qu’avec une série de chiffres (pour identifier une personne), les ordinateurs eux, ne jurent que par des adresses et se foutent presque pas mal des noms; disons qu’ils n’en n’ont plus rien à cirer dès qu’ils obtiennent l’adresse auprès d’un serveur DNS justement. Le DNS est donc assimilable à un annuaire téléphonique, à la différence qu’il ne gère pas les numéros de téléphone mais des adresses IP de serveurs auxquels on attribue un ou plusieurs noms plus simples à mémoriser par le commun des mortels. En guise d’exemple, lorsque vous tapez dans votre navigateur web www.google.com, votre ordinateur ira d’abord interroger son serveur DNS pour obtenir l’adresse IP de l’ordinateur www.google.com et le DNS lui répondra 173.194.34.80 (entre autres). C’est cette adresse que votre ordinateur utilisera pour afficher sur votre écran le moteur de recherche Google. La pseudo-leçon sur le DNS passée, revenons à l’essentiel, le fameux atelier.

Deux Vice Présidents d’ICANN : Pierre DANDJINOU et David OLIVE, respectivement VP Afrique et VP Policy Development Support General Manage, ainsi que 80 participants venus de 25 pays d’Afrique étaient présents au démarrage de cet atelier au Novotel Orisha de Cotonou. Je représentais « Igbanet », une association d’utilisateurs de la place. C’est ma troisième participation à un événement qui se déroule en ce lieu : mon baptême remonte à septembre 2011 lorsque je participais à la rencontre INET de Cotonou organisée par l’ICANN. La deuxième fois était plus chaude et bien plus motivante: quatre jours d’intense formation sur la gestion des ressources Internet et le protocole IPv6, organisée par AfriNIC en featuring avec Isocel Télécoms, fin août 2013. Putain, c’était vraiment le pied cette formation! Pour cet atelier, et conformément au programme établi, le Ministre de la Communication et des Technologies de l’Information et de la Communication était à l’heure et procéda à l’ouverture officielle de ces deux jours de discussion et d’échanges à 8h 40′. Je ne sais pas pour les autres ministres de ma chère république mais lui me surprend par sa ponctualité. Je ne savais pas que le Bénin avait son Paul KAGAME, faut dire que je l’ai longtemps cherché sans jamais pouvoir le trouver. La première fois, je me suis dit : « mon gars laisse, on connait ce truc de nouveau là, tu finiras par faire comme les autres d’ici quelques temps avec leur soit-disant emploi du temps très chargé et tout le baratin qu’on nous sert  habituellement pour justifier le retard d’un Ministre de la République à un événement pourtant marqué dans son agenda depuis plusieurs jours et dont seuls les chantres de la médiocrité connaissent le secret ». Faut peut-être penser que ce temps là n’est pas encore venu car j’ai déjà assisté à cinq événements qu’il devait lancer et il a toujours été ponctuel, très ponctuel. En tout cas, tonton Komi, je te dis un grand bravo pour cette ponctualité et le dynamisme que tu insuffles au quotidien dans la machine TIC au Bénin, mais si tu peux aller encore plus vite, ce serait super bien ;-) , ton prédécesseur battait des records extraordinaires en termes de retard et de lenteur que nous avons beaucoup de miles à rattraper à présent :-( .

Le discours concis et précis du Ministre fut très apprécié : j’ai fait mon petit sondage d’opinion auprès de quelques participants. Pierre DANDJINOU fit par la suite une présentation de la situation globale actuelle des noms de domaines et de la gestion des problèmes liés aux marques déposées en Afrique dans un contexte actuel marqué par l’introduction des nouveaux gTLD. Cette allocution présentait en fait l’objectif principal de l’atelier : réunir autour d’une table les gestionnaires de ccTLD (les personnes qui gèrent les noms de domaines .bj, .ng, .tz, .mw, etc.), les registrars, les praticiens du droit, en particulier de la propriété intellectuelle et enfin les utilisateurs, dans le but de discuter des difficultés et problèmes dans la gestion des noms de domaine et des marques déposées, mais aussi et surtout de partager et de découvrir ce qui se fait ailleurs sur le continent en matière de gestion de noms de domaines et de règlements de différends liés aux marques déposées. En bref, plusieurs expériences enrichissantes existent malgré les difficultés. Le Nigéria et le Kénia en sont des exemples concrets et une règlementation claire existe en la matière dans ces pays. En Namibie également, le Ministère du Commerce, via son service de protection de la propriété intellectuelle, a implémenté un certain nombre de règles et de mécanismes permettant de mieux gérer les différends en matière de conflits liés aux marques déposées et aux noms de domaines.

L’un des instants marquants de cette première journée fut le moment où le Malien Mouhamet DIOP proposa qu’une résolution soit prise au terme de ces deux jours de discussion pour la mise en place d’un comité de l’ICANN chargé de dialoguer avec l’OAPI (l’Organisation Africaine de la Propriété intellectuelle) afin de réfléchir plus efficacement aux problèmes et litiges liés aux marques déposées dans l’attribution et la gestion des noms de domaines. Un autre fait marquant de cette première journée fut lorsque j’appris que sur les 1930 demandes reçues par ICANN dans le cadre du processus d’attribution des nouveaux gTLD, seulement 17 provenaient de l’Afrique. « Les problèmes sont ailleurs » me confia un voisin à cet instant précis. Plusieurs autres présentations et discussions ont été faites, de la présentation du protocole Whois au système de validation des marques, en passant par la résolution de litiges vue par les utilisateurs, le Trademark Clearinghouse et les stratégies pour protéger les marques déposées et les noms de domaines. Petite anecdote, ma pauvre vielle machine Gateway (ceux qui savent savent!) a dépanné l’après-midi. En effet, j’ai dû rendre mon ordinateur sous Linux Fédora en point d’accès pour permettre aux participants de continuer à jouir de la connexion Wi-Fi; ça fait plaisir de savoir qu’on sert quand même à quelque chose.

Pour joindre l’utile à l’agréable, un dîner de gala riche en couleurs fut offert par ICANN aux participants à l’hotel Azalaï de la plage. Vivement demain donc !

« Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge »,  Winston CHURCHILL.

« Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements », Charles DARWIN.

 

Dîner de gala à Azalaï hotel en compagnie de mes collègues du ccTLD .bj