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Par Sinatou SAKA le 26/05/2015 à 11:41 Voir l'article

Du Burkina au Burundi en passant par la Côte d’Ivoire et la Centrafrique, les élections présidentielles, législatives et locales sont nombreuses en 2015 sur le continent Africain. Les jeunes n’entendent pas rester en marge de ces prochaines échéances électorales. D’autant plus que malgré une population très jeune, la moyenne d’âge des dirigeants africains est de 62 ans. Près des mouvements de la société civile comme Y’en a marre au Sénégal et Balai citoyen au Burkina Faso, certains jeunes s’engagent clairement dans des mouvements politiques. Portrait de ces jeunes qui briguent des mandats politiques.

Yasmina Ouegni est la plus jeune députée de la Côte d’Ivoire. A 35 ans, l’élue répondait à l’hebdomadaire « Jeune Afrique », dans son dernier numéro, qu’elle est entrée en politique « pour ne plus subir les événements ». Son parti (Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire-PDCI) cherchait des jeunes et son nom (cadette de l’ex- directeur du protocole du président Houphouet-Boigny, Georges Ouégnin) l’a aidé à décrocher la députation à Cocody (une commune d’Abidjan).

Au Burkina Faso, Hervé Ouatara, 34 ans est aussi député à l’Assemblée Nationale de la transition. Coordonnateur du mouvement de la société civile CAR (Collectif Anti Referendum devenu Citoyens Africains pour la Renaissance), il estime que la frontière entre la société civile et la politique est très mince en Afrique. «  A l’intérieur des mouvements dite de la société civile, il y a toujours des hommes politiques » dit – il de façon très réaliste. A l’instar de plusieurs burkinabè, il justifie son entrée en politique par le départ de l’ancien président Blaise Compaoré. « Avant, les résultats aux élections étaient connues d’avance. Aujourd’hui, nous avons les moyens de proposer des solutions alternatives » affirme le jeune parlementaire de la société civile.

Contrairement au Burkina Faso, les candidatures indépendantes ne sont pas possible dans d’autres pays africains comme le Bénin. Il est indispensable pour les jeunes d’appartenir à des partis politiques qui ne correspondent pas toujours à leurs attentes actuelles.

C’est le cas de Lionel Kpénou Chobli, candidat aux élections municipales au Bénin sur la liste de l’alliance nationale pour la démocratie et le développement (AND). Ce jeune Béninois de 31 ans a décidé d’entrer en politique pour représenter les jeunes. Selon cet avocat de formation, les dirigeants politiques Béninois ne représentent pas la réalité démographique de la population. Il estime par ailleurs difficile de mener des actions pérennes dans la société, sans levier politique. Sa solution? se présenter au scrutin pour avoir un impact visible et important.

Frontalier du Bénin, Parfait Djafalo a 27 ans et vient juste d’être nommé membre du cabinet du Président du Parti des Togolais, Alberto Olympio. Son parcours politique a commencé avec une page personnelle Facebook très active. Il y menait notamment des débats sur la gestion de son pays. S’occuper des affaires publiques est un devoir pour chaque citoyen” dit – il au sujet des origines de son engagement politique qui lui permettrait de “jouer un rôle décisif désormais”.

Malgré leur engouement, tous ces jeunes sont quelques fois désillusionnés par la politique sous les tropiques. La jeune députée ivoirienne Yasmina Ouégnin se dit déçue de la politique dans son pays.L’assemblée a un rôle très limitée dans un pays au régime trop présidentialiste” dit- elle.

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Nourou Dine Saka Saley, juriste béninois, a quant à lui, une autre lecture des jeunes et de la politique en Afrique. Il remarque que la population africaine a beau être très jeune, la moyenne d’âge des présidentiables reste plus élevée qu’en occident.

Il ajoute:  Les jeunes qui entrent dans la politique en Afrique sont cooptés par leurs parents au pouvoir . Il n’existe pas de parcours ou d’école politique en Afrique. Ceux dont les parents n’occupent pas des fonctions politiques sont toujours dans la contestation populaire ou dans l’opposition selon Nourou Dine.

Pour le juriste, les places politiques s’achètent encore aujourd’hui sur les listes électorales. Outre cette contrainte financière, les électeurs s’identifient toujours à des figures de patriarche en Afrique.

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Par Sinatou SAKA le 15/05/2015 à 17:08 Voir l'article

L’économiste et écrivain Sylvie Brunel revient sur les discours positifs qui entourent l’essor de l’Afrique aujourd’hui. Continent de demain, avenir du monde… la presse ne cesse de clamer une Afrique qui revient sur le devant de la scène. Dans son livre, l’Afrique est-elle si bien partie, l’économiste française prend du recul face à ces discours et interroge la durabilité de l’embellie africaine.

Pourquoi avoir écrit un tel livre?

Parce que j’étais gênée par cette espèce d’engouement sur le continent. Aujourd’hui, l’Afrique est la nouvelle frontière, c’est l’eldorado dont tout le monde parle et tout le monde s’ébaudit des  taux de croissance africaine. Pour moi qui ai une longue expérience en Afrique et concernant l’Afrique, j’ai trouvé qu’il fallait expliquer au grand public qu’autant le pessimisme des années 90 n’était pas de mise, autant l’optimisme excessif d’aujourd’hui ne l’est pas plus.

Qu’est-ce qui a changé depuis le livre de René Dumont ? L’Afrique noire est mal partie.

Quand René Dumont écrit l’Afrique noire est mal partie en 1962, il stigmatise le désintérêt vis- à-vis des paysans, les bureaucraties, la balkanisation du continent et il préconise que malgré les taux de croissance qui étaient déjà élevés l’Afrique ne puisse se développer puisqu’elle néglige sa paysannerie. Depuis, l’Afrique a connu 20 ans de croissance, des choses importantes ont été faites. Ensuite, elle a connu la crise de la dette et les plans d’ajustement structurel. Après la guerre froide, elle a connu la décennie des conflits, le multipartisme imposé par l’ extérieur. A partir des années 2000, c’est l’engouement de la Chine pour l’Afrique qui provoque ces taux de croissance élevés. La Chine est en quête de souveraineté. Elle découvre un continent avec des terres émergées importantes, continent qui suscite le désintérêt du monde et lui paraît continent d’avenir. Elle va donc s’y investir et provoquer cette embellie qui repose très largement sur le prix très élevé des matières premières.

L’Afrique est le 1er marché du mobile au monde et pourtant vous dites qu’elle n’est pas si bien partie ?

Concernant l’exemple du téléphone mobile, l’Afrique a fait un progrès extraordinaire car elle est passée à quasiment pas de lignes fixes à près de 700 millions de téléphones mobiles en circulation pour un peu plus d’un milliard d’hommes.

Mais les opérateurs de téléphonie mobile, après des taux de croissance de l’ordre de 60 % par an se sont rendu compte que les consommateurs étaient très pauvres d’où la nécessité de faire appel à des cartes prépayées. Et puis la majorité de ces opérateurs sont dans une phase aujourd’hui de concentration, car les taux de croissance se sont ralentis. Il y a une sorte de saturation du marché qui oblige les opérateurs à se tourner vers d’autres services comme le paiement mobile ou la vente de smartphones. Des problèmes de pauvreté et de faiblesse du pouvoir d’achat subsistent. Finalement, quand on parle de la classe moyenne africaine, des 350 millions de personnes qui représentent une opportunité économique, il faut se rendre compte que sur ces 350 millions, il y a près de 200 millions qui ont entre 2 et 4 dollars par jour. Ce sont des gens à la limite de la pauvreté, et donc font attention à leurs dépenses. Cette classe moyenne est vulnérable.

Comment expliquez-vous que les médias prônent l’afro optimisme ?

Que l’Afrique bouge et que l’Afrique soit le continent de demain c’est une réalité ne serait ce parce qu’elle est le continent le plus jeune du monde et que demain, elle aura le dividende démographique:  plus d’un quart des jeunes du monde vivront sur le continent d’ici 2050.

En revanche, les médias occidentaux qui montrent aujourd’hui un certain engouement vis-à-vis de l’Afrique,  ont besoin de belles histoires, de sucess stories et sur un continent de plus d’un milliard de personnes, il y a beaucoup de belles histoires. Mais c’est un peu un filtre. On affuble le lecteur de lunettes roses. On gomme un certain nombre de choses qui sont inquiétantes et qui montrent que si les dirigeants africains ne font pas preuve de bonne gouvernance, d’intégrité, le continent peut basculer dans des conflits terribles parce que paradoxalement, l’émergence attise les frustrations.

Les taux de croissance grimpent, pourtant il existe une déconnexion entre ces taux de croissance et réalité ?

L'Afrique est elle si bien partie?

Les taux de croissance sont supérieurs à 5 % depuis le début des années 2000, mais souvenez-vous que les points de départ sont très bas. Sur les 54 pays, 27 ont un PNB par habitant inférieur à 1000 dollars par an. Même si vous mettez un taux de croissance de 10 %, ça ne va faire que 100 dollars. En combien de temps les pays africains vont-ils rattraper les 30 000 dollars des pays riches. C’est un progrès lent. Pendant ce temps le reste du monde continue à progresser. Ces taux de croissance très rapides cachent également d’énormes disparités sociales. Le continent africain est l’un des plus inégalitaires au monde avec l’Amérique latine. Or comme aujourd’hui, les gens ont des téléphones et ont accès aux  réseaux sociaux, ils prennent conscience de tout ce qui leur manque. Ces taux de croissance ne touchent par ailleurs,  que les jeunes urbains. Quant aux chefs d’Etat, ils mettent l’accentautour des métropoles littorales où la modernité est à portée de main et oublient les régions périphériques où les populations vivent dans la plus grande pauvreté. La croissance ne profite qu’à une partie, mais l’émergence change la perception de la pauvreté.

Dans une interview, vous montrez l’Angola et l’Ethiopie comme modèle. Est-ce un aveu des limites de la démocratie ? Dictature et développement sont-ils donc compatibles ?

La démocratie ne fonctionne que lorsque vous avez une classe moyenne alphabétisée. Si les adultes sont encore très peu alphabétisés, c’est la porte ouverte au clientélisme et aux beaux discours. Pour les investisseurs extérieurs, la stabilité politique est un critère essentiel pour investir. Deng Xiaoping disait “Peu importe la couleur du chat, pourvu qu’il attrape la souris”. Ce qu’on constate en Afrique, c’est que la prime est donnée plus à la stabilité qu’à la démocratie. Ce qui n’empêche que des pays démocratiques comme le Botswana s’en sortent très bien alors que d’autres comme le Rwanda de Paul Kagame réussissent au prix de la négation des droits individuels à remettre le pays sur les rails. Cependant, les mouvements comme yen a marre et balai citoyen montrent qu’il y a une aspiration de la jeunesse africaine qui est souvent éduquée,  à une vraie démocratie qui reconnaîtrait ses droits. C’est insoutenable pour cette jeunesse africaine de voir l’ampleur des sommes qui sont détournées. 6 % du PIB du continent africain est envoyé à l’étranger sur des comptes privés, près de 250 milliards de dollars. Quand vous ramenez ce montant au 60 milliards d’aide publique au développement, 70 milliards envoyés par la diaspora et aux 80 milliards d’investissements directs, on peut en conclure qu’une partie de la richesse ne bénéficie pas ou profite seulement à un tout petit nombre d’Africains.

Vous soulevez aussi la responsabilité des sociétés d’exploitation dans votre livre.

Les sociétés qu’elles soient africaines ou étrangères bénéficient de contrats favorables en contrepartie de financements occultes. C’est un vrai problème. Le deuxième  problème, c’est qu’il faut réaliser l’ampleur des défis à relever pour les dirigeants africains. Aussi bien dans l’éducation où les classes sont surchargées du fait d’une population beaucoup trop jeune en majorité. C’est une difficulté technique qu’un ministre de l’Education nationale en France rencontrera aussi. En plus, les jeunes formés à grands frais vont exercer leurs compétences ailleurs. Il y a donc aussi l’exode des cerveaux.

La seule faute aux dirigeants ? Et les populations ?

Il y a une tendance à attendre des dirigeants qu’ils redistribuent à leur sphère familiale et privées. Quand on a un poste, tout le monde vient demander son dû. C’est difficile d’être intègre et de ne pas faire de traitement de faveur quand tout le monde vous demande au quotidien de rendre des services ou de donner quelque chose. Mais vous pouvez tout à fait être généreux pour vos proches sans pratiquer une corruption paralysante, or, c’est un peu le problème. Tout le monde est un peu responsable car les populations elles-mêmes ne respectent pas le bien public ou la chose publique. Quand elles peuvent se servir, elles se servent. Je crois qu’il faudrait dès le début de l’école apprendre aux gens que la chose publique doit être respectée et qu’on doit payer ses impôts.

Le système D (ndlr: débrouillardise) est le poumon de certaines économies. Vous pointez quand même du doigt le système informel. Pourquoi ?

Le système informel joue un rôle d’amortisseur social car il permet que le chômage ne soit pas insupportable. Mais quand vous avez deux tiers des richesses nationales qui sont produites dans le système informel, ça veut dire que l’Etat ne perçoit pas d’impôt donc il se rabat sur la TVA préjudiciable aux pauvres. L’autre problème du système informel c’est que le glissement entre l’informel et l’illicite, voire le criminel, est très teigneux, d’où la libre circulation des drogues ou des faux médicaments puisqu’il n’y a pas de contrôle officiel.

Votre discours aussi n’est-il pas à nuancer également ?

L’Afrique se modernise, se transforme, la pauvreté régresse. Il y a des exemples beaucoup plus encourageants que d’autres et d’autres pays qui alternent. Le Bénin est un pays exemplaire même si il y a  toujours la contrebande et les dangers de Boko Haram. Il est donc important de toujours nuancer les discours.

Pourquoi l’Asie a réussi là où l’Afrique a échoué ?

Les revenus par habitant de la Côte d’Ivoire et de la Corée du Sud en 1990 étaient identiques. Ceux du Nigeria et de l’Indonésie aussi. C’est très intéressant parce que vous avez d’un côté deux pays pétroliers. Il y a en a un,  le Nigeria,  qui va “manger” son pétrole (sic), va sacrifier son agriculture, provoquer une économie de rente et ne va pas investir. Et l’autre, l’Indonésie, qui va devenir un pays émergent puisqu’il va mettre en place une véritable structure industrielle transformée. D’autre part, vous avez la Côte d’Ivoire et la Corée du Sud. Au départ, c’est la Corée du Sud qui est la moins bien partie. Le rapport Pierson de 1969 dit que la Corée du Sud est indéveloppable. Houphouët-Boigny en Côte d’Ivoire prend en main l’économie du pays et valorise les agriculteurs, c’était un modèle. La Corée du Sud, quant à elle va remonter la filière industrielle et devenir un vrai pays développé. La Côte d’Ivoire va subir la crise de la dette, la mort d’Houphouët-Boigny, “l’ivoirité” et puis le mandat cadeau de Laurent Gbagbo. Mais est-ce qu’il est acceptable que les forces rebelles venues du nord soient légitimées par la communauté internationale? On peut aussi se poser la question.

Quelles sont vos pistes de réflexion?

J’estime que les Africains sont souverains et pleins d’intelligence. Ils peuvent trouver eux-mêmes des solutions à leurs problèmes. L’Afrique est un laboratoire pour le développement durable. Elle a inventé beaucoup de solutions à des problèmes de notre monde aujourd’hui tels que la nécessité de la réutilisation et le respect de la nature qu’on voit notamment dans les sociétés animistes. La capacité à s’emparer de l’innovation si elle est intéressante. L’Afrique est un cimetière de projets. Si le projet n’intéresse pas les Africains, ils le laissent tomber. Elle a la capacité d’adopter très rapidement les innovations, même les innovations les plus élaborées. Elle peut donc tout apprendre au reste du monde. Mais encore faut- il qu’elle décide de s’unir et de donner le bon exemple à sa propre population. C’est de la responsabilité de tous. Chaque Africain incarne une parcelle de l’Afrique. C’est à chacun de balayer devant sa porte. “Le balai citoyen” nous concerne tous!

Sinatou Saka

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Par Sinatou SAKA le 07/04/2015 à 12:27 Voir l'article

Le documentaire de Jean Queyrat sur les pratiques dans la vallée de l’Omo en Ethiopie a été diffusé le 22 février 2015 sur France 5. Vaguement au courant des pratiques des populations de cette région, ce documentaire inédit m’a fait froid dans le dos.

Ces images dont témoigne le documentaire continuent à s’imposer à mon esprit de façon imprévisible, au détour d’un geste, d’une pensée ou d’une rencontre. Je me décide donc aujourd’hui à vous en parler, non pour vous en informer tout simplement, mais susciter chez vous un élan d’esprit critique face aux images qui proviennent de l’Afrique.

Il y a dix ans, lorsque Jean Queyrat se rend pour la première fois dans la vallée de l’Omo, cette région reculée du Grand Sud éthiopien n’est guère connue que des paléontologues, de quelques anthropologues et d’une poignée de voyageurs intrépides. Mais aujourd’hui, à cause des images qu’il a prises notamment, les touristes affluent et les autochtones se mettent naturellement en scène pour offrir un spectacle, des plus pittoresques aux invités. Près de ceux qui sont habillés normalement dans les marchés, une partie des peuples de l’Omo ont fait de leur image, un véritable commerce.

« Ici, tout le monde sait qu’on prend des photos » affirme un guide qui négocie le tarif d’une photo pour une touriste allemande.

Les femmes et les enfants ont beaucoup de succès auprès des touristes étrangers. Dès neuf heures du matin, tout le monde se pare et s’affuble d’ornements aberrants (clous – piercing) et de tout ce qui leur tombe sous la main.  Le village est transformé en « village studio ».

« Quand les touristes arrivent, nous sommes contents. Ils payent pour nous prendre en photo et quand ils finissent, on enlève tout » affirme une jeune femme mursi (une communauté de la région).

Certains proposent une vision exécrable et sauvage de leur vie. La plupart des touristes veulent ainsi croire que c’est l’expression de la culture locale. A croire que les touristes ne demandent qu’à se laisser berner. Le spectacle est poussé très loin et le travestissement encore plus.

Loin de cette scène, parfaitement banale au pays de l’Omo, une soixantaine de touristes filment « le saut du taureau »: un rituel d’initiation à l’âge adulte. Les guides commentent comme ils peuvent, dans un anglais balbutiant. L’appareil photo et la caméra sont des filtres qui tiennent l’émotion à distance. Ils n’ont pas les clés pour comprendre la cérémonie.

Une savoureuse comédie de dupes dans une région très pauvre.  » On ne vit pas sans les touristes » dit un sage de la région. D’autre part, ce que les touristes ignorent, c’est que les femmes se font mutiler pour l’argent. Cet argent pour lequel, même les élèves deviennent encore plus sensibles au tourisme. Le documentaire montre un groupe de touristes qui demandent à de jeunes élèves de peindre sur leurs corps des motifs précis.

Alors si on considère que le tourisme permet aux populations de survivre et au pays de se développer, quel est l’intérêt pour les touristes de dénaturer une réalité? Le voyage a coûté cher, il faut le rentabiliser? Sans accuser quiconque, cette question reste ouverte…

Je vous invite à regarder le documentaire pour essayer d’y répondre.

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Par Sinatou SAKA le 01/04/2015 à 01:02 Voir l'article

Les Rendez-vous de l'OIF-Docteur Denis Mukwege

Les Rendez-vous de l’OIF-Docteur Denis Mukwege

Je ne peux pas me taire. Je dois faire savoir. C’est la réaction que j’ai eu après avoir assisté ce soir à la projection privée du film de Thierry Michel, l’homme qui répare les femmes. Certes, nouveau travail, nouvelle maison, nouvelle vie oblige, j’ai délaissé mon blog ces derniers mois. Mais cette soirée bouleversante nécessite que je reprenne ma plume. C’est de ma responsabilité de femme tout simplement.

Mardi 31 mars, je suis invitée par l’OIF à suivre en comité très restreint, au cinéma des Champs Élysées de Paris,   le film sur ce médecin congolais emblématique: le docteur Denis Mukwege. Thierry Michel consacre un documentaire à ce docteur qui soigne des jeunes femmes violées dans le nord-Kivu. La secretaire générale de l’OIF, Michaëlle Jean, est présente et le docteur assiste en personne à cette « avant-première » en France.

J’ai des à priori sur ce film dont j’ai peur qu’il véhicule encore une image désastreuse de l’Afrique.

Dix minutes plus tard, après les mots de bienvenues des illustres invités, la première séquence me choque: c’est une petite fille de neuf ans environ qui s’inquiète de ce que ses bourreaux ont détruit à l’intérieur de son corps, s’inquiète d’avoir le virus du sida et souhaite que ses violeurs ressentent sa douleur. Ce premier témoignage me bouleverse et mon état d’esprit n’est plus le même: l’Afrique fait sans doute des efforts actuellement mais des drames persistent. Des abominations subsistent. Nous ne pouvons plus le nier et surtout, nous ne pouvons pas progresser avec des handicaps aussi troublants et des populations qui ne se sentent plus dignes d’elles –  mêmes.

Tout a commencé avec le génocide au Rwanda. Les populations Hutus se réfugient au Congo. Les populations autochtones leur offrent hospitalité, sécurité et assurance. Quelques années plus tard, les hutus enlèvent leurs femmes et violent leurs enfants. Le massacre commence et les femmes sont emmenées comme esclaves sexuelles dans la forêt. D’autres femmes sont mutilées ou subissent des crimes ignobles. Le gynécologue Denis Mukwege se retrouve devant des organes génitaux déchiquetés par des balles ou des objets tranchants. Les images sont choquantes. Je me refuse de regarder l’écran, tellement je suis bouleversée. Nul n’est épargné par ces exactions, de la petite fille de 2 mois, oui, deux mois, à la jeune femme qui se fait violer par des milices, des rebelles, son époux et son fils, de force, devant toute la famille.

Face à tous ces événements, cet éminent médecin n’en peut plus de faire face aux conséquences d’une guerre entre les soldats rwandais, les réfugiés rwandais, anciens génocidaires hutus, et l’armée régulière qui a trop duré. Il s’inquiète encore plus de la situation lorsqu’il réalise qu’il opère une fille née d’un viol qui s’était faite à son tour violée. Denis Mukwege sort donc de son mutisme et informe le monde de la situation actuelle. Il dénonce le viol comme une arme de guerre et comme une stratégie avérée et efficace pour les belligérants. Sa voix se fait  entendre au niveau des organisations internationales et il reçoit notamment le prix Sakharov à Strasbourg pour son travail auprès de 40.000 femmes dans l’est du Congo.

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Quant aux autorités locales, c’est le silence totale face à ces femmes qui souffrent dans leur chair et dans leur âme. Le viol? un simple fait divers au Congo. Mieux, le Docteur Mukwege a été victime, il y a quelques années, d’une tentative d’assassinat suite à une invitation des Nations Unies pour parler de la situation des femmes dans l’est du Congo. Cette délicate situation obligera le docteur à s’exiler pour revenir sur ses terres suite à une forte demande des femmes de l’est. Les comptes de l’hôpital de Panzi ont par ailleurs été bloqué en janvier 2015. Aujourd’hui, le docteur Mukwege est sous protection très forte des casques bleus de la MONUSCO. Ils lui permettent de se déplacer dans l’Etat du Kivu en toute sérénité pour soigner ses dizaines de femmes. « Je ne pourrais pas vivre ici, si à cause de la peur, je ne pouvais m’occuper de ces femmes qui habitent dans les zones reculées. » dit le docteur dans le film.

Un film qui pointe aussi du doigt les causes économiques de la situation atroce que vivent ces femmes. Ces événements se déroulent dans une zone de non-droit, qui paradoxalement regorge de minerais d’or exploités par les multi-nationales. Les autochtones ne jouissent donc pas des richesses de leur localité. Celles-ci sont pillées par des milices et rebelles qui n’ont peur de rien, s’éternisent sur place, violent femmes et enfants et vendent leur butin sur le marché noir ou à des entreprises commerciales motivés par le profit.

Après? après, rien. Ils ne sont ni poursuivis, ni punis pour leur faute. Pourtant, les victimes sont présentes et peuvent les reconnaître. Vous avez compris, le problème n’est pas simple et l’ensemble représente un système qui impliquent des enjeux très importants.

Mais quels enjeux peuvent être importants au point de laisser des femmes subir de telles atrocités? quels enjeux peuvent autoriser le droit d’arracher un avenir à ces jeunes filles? Je continuerai bien de m’indigner mais comme nous l’avons tous convenu à cette soirée, l’heure n’est plus à l’indignation. Si vous lisez ce papier, vous aussi, vous êtes au courant désormais de la situation dans l’est du Congo. Imaginez qu’un inconnu viole une de vos connaissances, votre sœur ou votre fille, comment réagirez vous? imaginez qu’on lui détruise le vagin au point de susciter chez le médecin des paroles comme « Je n’ai jamais vu ça, on l’a détruite », comment réagirez-vous? pour finir, imaginez ces femmes détruites, rejetées par leur communauté, leur entourage, comment se reconstruire? Alors, pour ce qui me concerne, j’écris pour que vous sachez, mais vous, agissez, parlez en, partagez l’information avec votre entourage. Il faut une mobilisation générale pour que les choses changent. Le film « L’homme qui répare les femmes – la colère d’Hippocrate » n’est pas très diffusée en France malheureusement. Si vous avez une quelconque responsabilité dans ce domaine, diffusez- le dans les salles, sinon, allez le voir s’il sort dans les salles de cinéma. Ce film est aussi un outil d’éducation.

Ce film m’a ébranlé mais m’a conforté aussi. Malgré ce qu’elles subissent, ces femmes restent courageuses et souriantes. Elles vivent, grâce au docteur Mukwege, certaines se reconstruisent et restent debout. Quel bonheur d’entendre cette femme nommée Alphonsine,  qui a subi successivement des opérations génitales suite à des viols  dire « Tant qu’on vit, il y a de l’espoir ».

Il est donc nécessaire pour nous, qui avons de la chance d’être épargné, d’être responsables, tous ensemble. Il faut agir contre l’impunité. L’indifférence est un désastre aujourd’hui pour l’humanité. Je suis certaine que si nous le voulons, les autorités congolaises agiront.

Ce film a été réalisée avec la collaboration très précieuse de la journaliste belge Collette Braeckman.

Je vous invite à lire très attentivement le rapport de l’ONU (tombé dans l’oubli aujourd’hui), dénommée Rapport Mapping sur les crimes en République Démocratique du Congo.


Docteur Denis Mukwege : Au Kivu, le viol… par

 

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Par Sinatou SAKA le 27/11/2014 à 16:32 Voir l'article

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En ce soir du 26 novembre, mon téléphone sonne. C’est Mme Giovanetti qui m’appelle pour discuter. Elle  fait suite à ma demande de lui rendre visite au siège de son association qui mène des actions au Bénin. Des personnes comme Mme Giovanetti, pour une raison ou pour une autre, j’en croise de plus en plus. Certainement parce que leur nombre ne cesse de croître et leurs domaines d’intervention de s’élargir. Certaines interviennent dans l’éducation, d’autres dans la santé ou encore dans la formation. Il y a quelques jours, on a été mis en contact grâce à une connaissance commune. Je leur avais promis de passer les voir à leur siège à Fontaine, une ville à l’ouest de Grenoble. Ils étaient heureux de trouver une béninoise à Grenoble qui s’intéresse à leurs activités et moi, j’étais curieuse de savoir ce qu’ils font depuis 5 ans au Bénin et quelles sont leurs motivations. En fait, je crois qu’au fond de moi, je cherchais cette source d’espoir qui allait me permettre de penser un avenir meilleur pour mon pays parce que dernièrement je désespère.

Nous sommes en fin de journée,Mme Giovanetti m’explique que de main en main est « une association de rien du tout ». Pourtant, les réalisations de cette associations sont très encourageantes. Avec son époux, ils ont une cinquantaine d’années et aujourd’hui à la retraite. Le couple me raconte son histoire quand je leur demande pourquoi le Bénin?

« Nous avions envie de voyager autrement, de partir en quittant habitudes et certitudes. En partant vers l’inconnu en 2009, nous n’aurions pas imaginé l’impact sur nos mémoires des moments vécus avec chaque personne rencontrée, ni prévoir que notre vie s’orienterait jusqu’à présent autrement. Ni comprendre qu’un certain regard nous permettrait de voir l’utilité de créer une synergie entre nous » répondent-ils.

Cette réponse m’interpelle et je questionne le couple sur les conséquences de ce voyage solidaire.

« C’est vrai qu’en ne manquant de rien, nous constatons tout ce qu’il y a de superflu, voir que l’on a vraiment besoin de moins et cela nous aide à voir et à comprendre ceux qui n’ont vraiment rien d’où l’idée, les actions de recherche et de récupération du matériel ici, d’envoi et d’installation du matériel là bas » disent-ils.

A ce niveau de la discussion, je ne comprends toujours pas pourquoi ces français ont décidé d’agir au Bénin plutôt qu’au Togo ou au Sénégal. Ils m’expliquèrent donc qu’il s’agissait avant tout de rencontres  humaines marquantes qui vous changent et orientent votre avenir. Je suis touchée par ces phrases à l’endroit des miens et tellement ravie de voir comment Mme Giovanetti présente les dernières activités de l’association au Bénin. Elle me parle avec enthousiasme et fierté du centre BETHESDA de LOKOSSA que l’association a contribué à réhabiliter, de l’installation de mobiliers dans les écoles et de  l’opération « Toutes les filles à l’école » en cours actuellement pour soutenir 21 jeunes filles.

Malgré toutes ces belles actions,Mme Giovanetti me parle d’un projet qui semble lui tenir très à coeur, reconstruire le toit d’une école à Tozounmé. Le collège de Tozoumé est fréquenté par 429 élèves et 42 enseignants qui viennent de 5 villages différents. La distance à parcourir est de 1 h à 1h 30 de marche pour tous les enfants de la 6ème à la 3ème. Cependant, le toit de l’école s’effondre à la saison des pluies en janvier 2014 et aucun représentant de l’état, des médias, ne s’informe de l’état de santé des enfants, des enseignants – ne se déplace pour constater les dégâts.

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 « Qu’on ne soit pas toujours leurs porte-parole »

« C’est génial tout ce qu’ils font » me dis-je lorsqu’elle m’informa  que l’association « DE MAIN EN MAIN » expose actuellement au Collège Jules Valles de Fontaine, 110 poèmes et dessins sur le thème « DESSINES-MOI OU RACONTES-MOI TA VILLE ». 110 enfants et jeunes béninois de 2 collèges de LOKOSSA témoignent et confient leur espérance dans ces poèmes. C’était l’occasion de donner la parole aux enfants clame-t-elle.

Je suis émerveillée par l’engagement de ce couple mais une interrogation me taraude sans cesse l’esprit et j’ose finalement la poser à mes interlocuteurs: N’est ce pas un peu de l’assistanat tout ça? 

« Non, nous leur donnons les moyens dont ils ont vraiment besoin » . Elle me fait comprendre qu’il est très facile pour moi de parler d’assistanat, moi qui ai la chance de poursuivre mes études en France. « Ces enfants ont soif d’apprendre, ils sont heureux de recevoir ce qu’on leur apporte » ajoute-t-elle. A t-elle tort de penser ainsi? Ma position de « privilégié » me joue t-elle des tours? On en parle une prochaine fois…

L’association de Main en Main participe à l’entrepreneuriat en  récupérant du matériel professionnel, des machines, des outils pour soutenir les initiatives locales en améliorant les ateliers existants.

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La discussion se poursuit, nous parlons de mes projets, de mes envies, des leurs et au bout d’une demi-heure, je vais mieux, je n’ai pas plus confiance en l’avenir mais je suis persuadée qu’ « Un chemin de mille lieues commence toujours par un petit pas ».

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Par Sinatou SAKA le 30/06/2014 à 14:18 Voir l'article

Copyright Tous droits réservés par Parfum Doux/ https://www.flickr.com/photos/17891949@N00/

Il y a quelques jours, en faisant ma veille numérique, je suis tombée sur un site fort intéressant nommé Expat Blog. Comme on peut lire dans cet article, il s’agit d’une sorte de réseau « social  » d’expatriés. Expatrié lui même, Julien Failu explique dans l’article que « L’idée,  c’était de créer l’enveloppe, et de laisser les gens apporter leur vécu, partager leurs expériences à l’étranger…faire le pont entre les personnes qui veulent partir et celles qui sont déjà sur place ».

Jusqu’ici,  nouveau comme concept mais rien d’extraordinaire. Comme vous l’avez compris, les expatriés partagent simplement leurs expériences dans des pays étrangers mais se posent aussi des questions sur leur vie au quotidien et notamment sur l’avenir de leur pays d’accueil.
J’ai ainsi découvert sur le site, un forum où plusieurs personnes (des Français surtout)  partageaient leurs avis sur le futur du Bénin. J’ai passé des heures à lire ces points de vues tellement lucides que je me suis demandée comment se profilait alors l’avenir de la France vu que je suis moi même expatrié comme on dit.
A cette question, j’aurai tellement de réponses à donner comme par exemple: « Si la France continue de vivre au dessus de ses moyens, sa situation économique ne risque pas de s’améliorer ».
Ne me sentant pas légitime pour porter cependant de tels jugements, c’est donc avec étonnement que j’ai découvert ce site où des étrangers s’exprimaient autant librement mais également avec prudence et sincérité sur la situation dans mon pays. Je vous propose ci-dessous quelques avis. Je ne citerai bien sûr personne dans la mesure où chaque utilisateur du site témoigne  sous pseudonyme.
Avant que vous ne commencez la lecture, je précise que ces personnes ne veulent pas donner des leçons , encore moins construire un pays à l’image du leur. Maintenant, bonne lecture!
1- je pense que le pays ne va pas évoluer, ni régresser, ni se valoriser. La barre entre les riches et les pauvres va continuer à s’accroître. Majc, tu es bien optimiste quand tu dis que la population va se prendre en main, à mon arrivée aussi je le pensais mais je n’y crois plus. La population vit dans une acceptation générale de tout ce qui se passe « dieu a voulu », « dieu fera ». Dieu ne fait rien et la population attend. Les plus riches vont peut-être bouger mais pour leur bien personnel, les autres vivront comme ça. Tant que la corruption sera le maître mot de tout le monde et non pas seulement des politiciens rien ne pourra fonctionner. Les agents administratifs se tournent les pouces et prennent un salaire. 3 personnes sur 10 qui ont un job sont en trop dans l’entreprise car si les 7 autres travaillaient un peu plus ils pourraient faire tout le travail et avoir un meilleur salaire et augmenter leur pouvoir d’achat. Mais les 10 préfèrent discuter que de travailler. Et les chômeurs attendent bêtement qu’un travail leur tombe dessus ben oui « Dieu fera ». J’ai pas dit que trouver un travail est facile mais c’est pas à attendre dans un cyber ou devant la TV que ça vient. Tant que la jalousie sera l’état d’esprit des béninois, rien n’avancera. Au lieu de mettre des bâtons dans les roues de celui qui avance, aides-le un jour il t’aidera aussi pour que tu avances. Et le pays ainsi se développera. Mais affaiblir ton voisin ne te rend pas plus fort. Tant que aider quelqu’un devient presque à coup sûr un harcèlement ou pire après alors tu ne peux et ne veux plus aider. Ce matin, un garçon est venu taper à ma porte pour du travail, mon cœur me disait « aides le » mais le risque qu’il vienne pour ensuite te voler est trop grand, je ne peux pas le faire entrer chez moi.  J’avais plein d’espoir pour ce pays il y a 5 ans, mais ma vision était erronée.

2-Je me retrouve au milieu d’une jeunesse béninoise conservatrice. Oui conservatrice de tout! la paresse,l’envie démesuré,conservateur des rêves sans espoir. C’est vrai , c’est la faute à personne car du béninois à l’africain on attend que l’heure de Dieu sonne. Mais malheureusement le délai d’attente pour la solution miracle est inimaginable. On dirait que c’est héréditaire (même si j’ai du mal à croire). Nous vivons sans le savoir avec ces maladies dans la plus belle des crises. Le problème c’est que tout le monde africain attend le blanc. Que dis-je ? le Dieu. Si non comment se fait il que le noir considère aussitôt le blanc comme la richesse debout, le développement ambulant sans vouloir chercher à comprendre la réalité de chez lui.
Même si tu quittes Cotonou pour visiter la famille ou un parent à Porto-Novo, Ouidah…je ne sais où encore, le premier constat c’est qu’on attend de voir ce que tu as ramené de la ville. C’est bien dommage au niveau local,alors si déjà tu arrives à aller en France (le pays des riches dans le standard africain bien sûr) c’est que t’es aussitôt riche. Or en Afrique la religion c’est l’argent,malheur à toi donc si tu reviens de la France sans manifester le moindre geste de…tu seras traité de tous les noms. La route du développement est longue certes ,mais l’avenir reste sombre.

Et moi je ne condamne pas la télé. Le siège des feuilletons qui donne envie d’agir et de vivre comme les acteurs et autres personnages de série télévisé.
¿¿Je me demande bien où est ce que les arnaqueurs puisent leurs idées et autres modes opératoires??

Que font les autorités quand les victimes sont comptées par trentaine au CNHU  pour faute de moyens aux soins,pendant qu’on vote des soixantaine de milliards pour les microcrédits?

Nous sommes dans un système qui ne forme que des chômeurs. Que direz vous quand des personnalités du pays essaient d’acheter votre silence,ou de vous corrompre et quand vous n’êtes pas ouvert il revient vous dire que c’était un « test »?

Les jeunes attendent de trouver un boulot dans leur domaine d’étude ,ce qui est bien rare. Donc on continue d’attendre l’heure de Dieu. L’heure de nos dieux bien sûr.
Le pays est un sac à problème. Des problèmes héréditaires et tout le peuple attend la solution miracle. Vivement que le ciel nous envoi la formule magique. Amen.

 

3-Rien ne changera tant qu’on continuera à mettre des gens incompétents à des postes importants parce qu’ils connaissent quelqu’un. J’ai un beau-frère alcoolique qui tient a peine debout mais il a un poste dans un ministère. Il ne va jamais au boulot, est ce qu’il se souvient même comment on travaille… Ce genre de personnes est une double perte pour l’état: 1-le travail n’est pas fait, 2- le salaire est payé. Faut faire un très grand ménage d’abord dans toutes les institutions d’état et placer de jeunes diplômés qui risque de fuir le pays en quête d’une vie meilleure. L’Afrique a besoin de ses jeunes pour se développer mais les pousse vers l’étranger en gardant des vieux pervers voleurs à la tête des institutions. Si le pays veut vraiment il peut. C’est facile d’aller à l’improviste dans les ministères et de virer tout ceux qui ne sont pas en poste. Tu fais ça 3 fois, il n’y aura plus personne. Et une grande vague d’embauche avec menace à l’appuie (retard inacceptable, absences justifiées (attention les docteurs n’ont pas le droit de faire du faux sinon plus de licence d’exercer). Il y  a des règles mais personne pour les faire appliquer alors c’est l’anarchie et la corruption.

Même si je côtoie des béninois courageux, combattants et qui font des choses pour leur pays, je dois reconnaître que ça reste une minorité de la population. Je me retrouve alors assez bien dans ces trois points de vue sur mon pays malgré le fait que ça vienne de personnes étrangères. Je ne connais pas votre avis sur le sujet mais vous pouvez laisser vos points de vue en commentaires. Je pense qu’il  n’y a pas à avoir honte de tares dont nous sommes tous conscients qu’ils existent alors ces remarques me semblent complètement positifs. Ne dit-on pas que c’est du débat que jaillit la lumière? Tout le monde y est donc invité!

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Par Sinatou SAKA le 25/06/2014 à 18:07 Voir l'article

« This is why you shouldn’t take people’s Facebook lives seriously », c’est le titre d’un article que j’ai lu ce matin sur Gizmodo, un site anglais (malheureusement). D’ailleurs en parlant d’anglais, vous vous y mettez quand à l’apprendre ? Sinon, vous pouvez toujours vous contenter  comme moi de la médiocrité de Google Translate en attendant.

Bref on s’éloigne là !

Alors je me demande aujourd’hui si Facebook nous rend narcissique, ou devrais-je dire plus narcissique pour ceux de nature « grosse tête ».

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Je ne vous le cache pas, j’ai mes hypothèses sur le sujet et même une théorie mais commençons par clarifier les concepts ! Narcissique ça veut dire quoi ? Petite recherche sur Wikipédia et voilà la définition du terme du jour : Le narcissisme est le fondement de la confiance en soi. Lorsqu’il est défaillant, le terme peut désigner l’importance excessive accordée à l’image de soi. Le dictionnaire commun le définit comme « contemplation de soi ou attention exclusive portée à soi. »

Ok ! Facebook nous donne-t-il cette impression ? Mais bien sûr !

Au fond, je suis même persuadée que c’est l’une des valeurs imaginaires et utopiques (comme on dit en recherche) accordée à l’objet Facebook. M. Zuckerberg voulait certainement donner à des milliers de gens la « sensation » d’être des gens importants et suffisants. S’il n’a pas conscientisé cette volonté, elle s’explique très bien quand on se rappelle du personnage qu’il était avant de créer Facebook. Seul et mal dans sa peau (ou pas-je n’étais pas là).

Pourquoi ne mettrait-il pas en place un outil pour donner de la valeur à l’individualisme, à la mise en scène de soi vis-à-vis des autres?

Ma théorie n’est pas très claire, j’avoue mais j’ai lu Gozlan Angélique, qui dit ceci :

« Sur Facebook, les adolescents livrent, par statuts, commentaires ou images, leur conquête de la découverte du monde et leur bataille pour s’inscrire dans un lien social…. Cette mise en ligne d’images et de textes sur soi, par laquelle le narcissisme œuvre, participe à la formation d’une image réfléchie de soi-même.

Les médias sociaux sont à la fois un lieu d’exposition de soi, narcissique et un lieu de rencontre d’objets ».

Une étude menée par Gonzales et Hancock, « Mirror, mirror on my Facebook… » en 2011 a montré que lusage de Facebook influençait lestime de soi. 

« Les résultats de leur étude révèlent que prendre conscience de soi, en regardant son propre profil sur Facebook, en améliore l’estime. L’article indique que choisir la manière dont on se présente sur les médias numériques conduit à accroître son potentiel relationnel et influence également l’aperception. Ainsi selon ces auteurs, la page Facebook investie fonctionne comme soutien, étayage de l’estime de soi. »

Vous voyez ? On y est pour rien ! C’est la faute à Facebook ! Même ceux qui n’aiment pas la télé réalité théâtralise comme dirait l’autre leurs profils Facebook.

Et puis, que pourrait-on faire d’autre sur ce réseau dont l’objectif est « d’échanger des nouvelles entre proches » ? Sur le site, je lis :

« Facebook vous permet de rester en contact (comment ? de quel type de contact on parle ?) avec les personnes qui comptent dans votre vie (je ne suis pas sûr que mes 2 500 amis comptent dans ma vie et ma mère n’est pas sur Facebook !). »

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Remarque, même le vocabulaire du slogan est flou.

On est donc d’accord que la sphère privée n’est absolument pas une obligation sur Facebook alors n’est-ce pas laisser libre cours à la création d’une large « communauté » de fans. En terme plus simple et c’est tout à fait logique, plus j’ai d’amis inconnus dans mon réseau, plus j’essaie de « me vendre ».

Tout le monde ne peut certainement pas se vendre (quand même, il y a des gens super intelligents sur Facebook).

Qu’est-ce qu’ils font?

Partager des articles intéressants ? Une personne normale passerait  pour un intello assurément et ça flatte l’orgueil (reconnaissons-le) de voir des likes sur un post dit non « égocentrique ».

Faire une analyse sur un sujet ? Tu passes pour un donneur de leçon et ceux qui partagent le même avis que toi viennent vite te le faire savoir.

Et si la responsable c’était moi plutôt que Facebook ? Qu’est-ce que je fais déjà sur Facebook ?

Petit aperçu de mon identité numérique agissante comme dirait Fanny Georges !

1-Je partage ce que j’écoute avec « mes amis » en ajoutant le petit smileys « déterminé » à côté : Jusque-là rien de grave, à part que je suis très à jour en matière de dernière sortie musicale.

2-Je partage l’image d’une campagne sur la scolarisation des filles au Bénin : Jusque-là, rien de grave à part que je suis sensible à la cause et je sensibilise mes « amis » sur la situation.

3-Je demande à mes amis de me donner les moyens d’avoir une série de journaux normalement archivés du Bénin : Jusque-là rien de grave à part que je suis curieuse et je vais certainement mener une recherche sur les médias au Bénin

4-Je partage un de mes articles : Jusque-là rien de grave, non mes amis vont certainement apprendre beaucoup de choses en le survolant rapidement pour passer à autre chose, à part que dans l’article j’indique que je suis à Paris et que j’ai été sélectionné parmi des candidats pour suivre cette formation.

On continue ? Non, je pense qu’on va s’arrêter là ! Trop de « Je » dans tout ça !

Je viens de me rendre compte que mon profil Facebook réflète une image de moi que je ne suis pas réellement (mise en avant de ma personne, moi ?).

Je disais à l’instant que l’objet Facebook portait des valeurs, fantasmes imaginaires et utopiques (vous me suivez ? C’est comme quand on vous dit qu’internet est gratuit, c’est faux !).

En fait, pour Facebook, il s’agit du pouvoir, de l’hégémonie, de la perfection. Facebook nous vend du rêve pour faire prospérer la plateforme. Je lisais dernièrement sur un blog que j’aime beaucoup :

Quand on tient une position hégémonique, toute la difficulté consiste à se maintenir. Se maintenir implique d’occuper l’histoire, et quand on est un réseau social ça signifie occupe l’espace des petites histoires singulières (nos histoires qui doivent être fortes), individuelles, autrement dit monopoliser les moyens numériques du récit de soi. En l’occurrence il faut inscrire les usagers dans le temps long, créer de la nostalgie (les fils d’actualités que des milliers d’utilisateurs remontent pendant des heures)

En conclusion,vous faites Facebook et si vous avez l’impression d’aimer cette vie où vous faites votre autopromotion plutôt que de rester en contact avec vos amis, sortez de chez vous et vivez le moment présent (laissez les activités passées de vos amis sur Facebook), vous verrez la différence !

 

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Par Sinatou SAKA le 20/03/2014 à 13:04 Voir l'article

Dans la mise en place d’un projet à venir (vous en saurez plus bientôt), je vais à la rencontre des béninois de l’extérieur très actifs. Celui que j’interroge aujourd’hui est Bernard WANNOU, il est envoyé aux questions de la jeunesse africaine auprès du programme des Nations Unies pour la jeunesse [UN YOUTH] et organise ce samedi 22 mars en collaboration avec l’association des étudiants de Sciences Po pour l’Afrique une discussion consultative sur le thème de la Migration des jeunes en Afrique.

 TWITTER HANGOUT [Agenda de développement de l’apres-2015 des Nations Unies]


TWITTER HANGOUT [Agenda de développement de l’apres-2015 des Nations Unies]

Sinatou Saka: Pourquoi avez vous choisi comme thème de consultation : JEUNES, MIGRATION ET DÉVELOPPEMENT?

Bernard WANNOU:  Nous avions décidé de consulter la jeunesse africaine sur une question les plus urgentes que rencontre l’Afrique en ce moment ; celle de la migration des jeunes. Le but de cette consultation est d’analyser l’impact de cette migration massive des jeunes sur le futur de l’Afrique et d’en dégager les causes. L’agenda doit proposer des solutions aux gouvernements africains  pour freiner cette migration de jeunes vers l’Europe ou l‘Amérique du nord, car c’est une autre sorte de pauvreté. Les pays qui connaissent le plus de migrant sont des pays  où l’emploi reste un problème, où la pauvreté et la corruption sont de taille, où carrément un pays où les jeunes sont généralement déçus par la politique mise en place par le gouvernement. L’agenda doit mettre en place des stratégies permettant aux pays africains de réaliser des politiques mieux adaptées aux espérances des jeunes. 

Sinatou Saka: Quel est le rôle de la jeunesse dans l’agenda post 2015? Pourquoi doit-elle y prendre part?

Bernard WANNOU: Nous avons la ferme conviction que  les objectifs de développement  ne peuvent être atteints qu’avec l’implication des jeunes. Il est indéniable que les jeunes possèdent une force de transformation énorme lorsqu’ils sont impliqués et lorsqu’ils peuvent participer au façonnement de la société. Une dynamique se développe grâce aux perspectives d’avenir et aux opportunités d’évolution pour les jeunes et elle profitera globalement à l’Etat comme à la société en général. Car la génération des jeunes détient aujourd’hui la possibilité de créer de nouvelles opportunités, d’ancrer les valeurs fondamentales de l’Etat de droit et de la démocratie dans la société et de rompre avec l’ancienne dynamique de conflit.

Et pour atteindre ce but, les Nations Unies travaillent avec les gouvernements, la société civile et d’autres partenaires pour exploiter la dynamique dégagée par les OMD.

Le 18 février 2014, le président de l’assemblée Général des nations unies , en collaboration avec le secrétaire générale du programme des nations unies pour la jeunesse [UN YOUTH ] ont émis une idée très remarquable et innovatrice , celle d’accorder une place spéciale à la jeunesse du monde dans l’agenda post 2015. Ce qui classe comme priorité la participation de la jeunesse à l’agenda, une nouvelle politique des nations unies de mettre au cœur de toutes actions la jeunesse car elle représente le futur, donc plus de chance doit lui être accorder pour construire ce futur. 

Sinatou Saka: Comment la jeunesse peut-elle participer à l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement?

Bernard WANNOU/ Photo Facebook

Bernard WANNOU/ Photo Facebook

Bernard WANNOU: La plus belle manière de permettre à la jeunesse de participer à l’atteinte des objectif du millénaire est de mettre en place une politique inclusive. Donnez la chance à cette jeunesse de créer elle même l’avenir dont  elle rêve. Nous ne devons plus décider à la place des jeunes car eux seuls peuvent décider ce qui est judicieux pour leurs communautés. Seul un dictateur impose un futur à son peuple. Elles doivent se retrouver entièrement  dans l’agenda, c ‘est à dire être en mesure de choisir quel genre de système de sante , quel genre d’éducation répondra le plus à leur attente et quel politique de travail l’état doit mettre en œuvre pour leur faciliter un accès à l’emploi. C’est uniquement avec une politique inclusive que la jeunesse peut atteindre les objectifs. Et c’est dans ce sens que je travaille avec la jeunesse africaine pour que nous soyons au centre des politiques.

 Sinatou Saka: A quel niveau sommes-nous quant à la progression des OMD?

Bernard WANNOU: Le Rapport 2013 indique que des progrès importants ont été faits vers la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Même ceux des objectifs qui n’ont pas encore été atteints restent à portée de main. La réduction de moitié du nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté et la généralisation de l’accès à des sources d’eau potable sont déjà réalisées. Les objectifs de VIH, paludisme et tuberculose sont en bonne voie. Par contre, il reste de gros progrès à faire pour réaliser les objectifs de lutte contre la faim, d’accès universel à l’éducation et de développement durable. Le contexte de la crise économique mondiale qui s’est traduite par des millions de chômeurs supplémentaires et a réduit le montant de l’aide au développement pour les pays qui en ont le plus besoin, complique la situation, mais en intensifiant ses efforts, la communauté internationale peut réaliser les objectifs et construire un avenir plus juste, sûr et durable pour tous.

Sinatou Saka: Comment prévoyez-vous d’associer les jeunes à l’atteinte des OMD.

Bernard WANNOU: Nous avons dans presque tout les pays du monde des organisations de jeunes des nations Unies pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement, ces jeunes travaillent pour rendre possible ces objectifs dans leurs communautés, leurs régions et dans tout le pays en générale.

La mission du programme des Nations Unies pour les jeunes est d’assister ces jeunes dans leur démarche et les impliquer d’avantage dans les actions des nations unies. Chaque année les nations unies organise une assemblée générale en septembre pour faire le point sur l’avancement des travaux avec les jeunes, ce que nous appelons [YOUTH DELEGATE AT THE UN]  et par la même occasion mettre à leur disposition des moyens pour une bonne poursuite de la mission.

Sinatou Saka: Comment les jeunes peuvent-ils faire face aux difficultés dont ils sont l’objet?

Bernard WANNOU: Le plus important n’est pas ce qui vous arrive dans notre vie, mais ce que vous faites avec ce qui vous arrive. Les difficultés font partie de l’existence  mais nous devons aller au delà de cela. Les jeunes doivent beaucoup plus croire en ce qu’ils font , avoir confiance en l’avenir et bien faire ce qu’ils font. La meilleure manière de faire face à ces difficultés est de changer sa société et de construire une société plus équitable. Une société qui pourra donner une chance égale à tout le monde de réussir et ce changement commence par chaque jeune.  

Vous êtes jeunes africains et vous avez décidé de quitter le continent pour construire un projet professionnel ou d’étude ailleurs, rejoignez la conversation pour apporter votre contribution au débat. Sur Twitter : @BGINIT, HASHTAG: #NODEUNPOST2015

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Par Sinatou SAKA le 09/02/2014 à 16:11 Voir l'article

Mes occupations quotidiennes ces derniers mois m’ont sans doute énormément éloigné de mon blog mais quand j’aurais des mots plus forts que le silence et un message à passer, je ne manquerais pas d’y faire un tour.
LesToilesEnchanteesV3PriceMinister – Rakuten s’associe aux Toiles Enchantées pour offrir grâce aux blogueurs des séances de cinéma aux enfants et adolescents hospitalisés ou handicapés.

Du 03/02 au 28/02  je m’associe donc à cette noble cause pour publier sur mon blog un article qui se transformera en un don de 15 euros de Price Minister- Rakuten aux Toiles Enchantées afin de les soutenir dans leur merveilleuse démarche d’offrir gratuitement aux enfants et adolescents hospitalisés ou handicapés les films à l’affiche sur grand écran, comme au cinéma !

Pour l’action, je réponds donc à l’interview.

  • Quel est votre premier souvenir du cinéma ?

 

Le cinéma n’est pas très développé dans le pays où j’ai grandi. Pour le coup, j’y suis donc jamais allé avant de venir poursuivre mes études supérieures en France. Cependant, le premier film que j’ai vraiment regardé en condition de cinéma est « Kung Fu Panda ». Je me souviens encore de ce Panda nommé Po qui fascinait par son courage, son caractère et son humour.

  • Quel est selon vous le meilleur film pour enfants de tous les temps ?

Je ne sais si c’est le meilleur film de tous les temps mais je dirais l’Age de Glace. Ces animaux hilarants qui se confrontent à des difficultés dans un univers parfaitement inconnu sont pour le coup très attachants.

  • Une machine à voyager dans les films vient d’être inventée. Vous avez la possibilité de vivre les aventures d’un de vos héros cinématographiques d’enfance, dites nous qui ? (ex : Elliott dans E.T…)

Alors, il y en a tellement! Mais je pense que petite fille, j’aurais voulu vivre les aventures de Giselle dans « Il était une fois… »

  • Dites nous en une phrase pourquoi vous aimez les Toiles Enchantées !

Pour voir un sourire sur les visages de ces enfants malades.

Vous aussi participez à la chaîne de solidarité en participants à #1Blog1Séancehttp://bit.ly/1d7Og1o ou en faisant directement un don si vous n’avez pas de blog. (ça vous prendra que quelques secondes)

Comment participer et soutenir Les Toiles Enchantées ?

C’est très simple ! Il suffit de :

  • Répondre à l’interview « cinéma et enfance » (voir les questions plus haut) sur votre blog en mentionnant que vous participez à #1Blog1Séance.
  • Faire un appel aux dons à vos lecteurs.
  • Envoyer un e-mail à oliver.moss[at]priceminister.com avec l’url de votre article.

Votre article se transformera automatiquement en un don de 15€ pour les Toiles Enchantées ! Soit une séance de cinéma pour trois enfants hospitalisés.

  • Vous pouvez aussi  inviter d’autres blogueurs à participer sur Twitter en utilisant le tweet suivant :

Je viens de participer à #1Blog1Seance @[xxxxx] participe aussi et @PriceMinister donnera 15€ à @LesToileEnch http://bit.ly/1d7Og1o

Les Toiles Enchantées en quelques mots

Depuis 17 ans, l’association Les Toiles Enchantées sillonne les routes de France pour offrir gracieusement aux enfants et adolescents hospitalisés ou handicapés des séances de cinéma dans leur établissement, en projetant les films dont tout le monde parle, au moment même leur sortie en salle, voire parfois en avant-première, en présence des comédiens ou des réalisateurs !

Grâce à cette immersion dans des films de tout genre soigneusement sélectionnés, Les Toiles Enchantées permettent aux jeunes malades ou handicapés de briser leur quotidien, de s’évader, d’accéder à la culture et au divertissement des jeunes de leur âge, et de « se sentir comme tous le monde ».

Les séances de cinéma aident aussi à lutter contre l’isolement et le découragement en créant des rencontres et des connivences entre les enfants au travers des projections.

Le “vrai” cinéma à l’hôpital, c’est un pied-de-nez à la maladie, une fenêtre ouverte sur la vie.

Faites-un-don

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Par Sinatou SAKA le 20/12/2013 à 10:15 Voir l'article

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/06/06/04016-20110606ARTFIG00811-l-afrique-subsaharienne-continue-de-croitre.php

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/06/06/04016-20110606ARTFIG00811-l-afrique-subsaharienne-continue-de-croitre.php

L’Afrique est aujourd’hui le continent le plus convoité. Selon Afrique Renouveau, l’Afrique a la population la plus jeune du monde avec 200 millions d’habitants âgés de 15 à 24 ans.  Et cette croissance démographique va continuer de croître. La population en âge de travailler  » devrait exploser en nombre absolu, passant de 430 millions à 960 millions entre 2000 et 2030, pour dépasser celle de l’Inde dans les années suivantes », estiment Jean-Joseph Boillot et Stanislas Dembinski. Selon le FMI (Fonds monétaire international), 22 pays subsahariens atteindront à l’horizon 2015 un PIB par habitant suffisant pour voir s’y développer une consommation de masse  des produits étrangers. 

Devant ce flou de prévisions aussi positives les unes que les autres, on a tendance à oublier que toutes ces statistiques restent des possibilités qui peuvent se voir modifiés en fonction des aléas aussi bien politiques que sociétaux dans chaque pays. Des risques comme la stagnation de l’économie ou des problèmes budgétaires dans les pays existent bel et bien. Pour exemple, le rapport annuel du FMI, Perspectives de l’économie mondiale, a présenté une évaluation très encourageante de l’économie mondiale. Il prévoyait un produit intérieur brut annuel (PIB) d’environ 4,5 % bientôt. Cependant, le FMI a régulièrement revu ses projections économiques à la baisse. Les prévisions concernant la reprise économique de l’Inde, en forte baisse et qui tarde à rebondir, illustrent bien les limites de cette inondation de chiffres concernant l’Afrique dont nous sommes l’objet qui repose essentiellement sur des agents économiques très fluctuants.

Mais là n’est pas la problématique de cet article, mais soyons prudents face à tout ceci.

Au cours d’une discussion avec un proche à moi, ce dernier a attiré mon attention sur un point très important que vous n’ignorez pas, mais dont on parle très peu. J’ai donc décidé de réfléchir à la question.

Cette Afrique mirobolante va être dirigée par qui ? Qui sont ceux qui seront à la tête de ce continent plein de ressources, épargné par la crise économique et au taux de croissance le plus élevé. Qui sont ceux qui auront « la chance » d’être à la tête de cette dynamique d’importation que connaît l’Afrique actuellement ? Les Africains eux-mêmes ou vont-ils rater le coach une fois encore et se laisser dominer par les autres ? Rien n’est moins sûr…

Nous sommes à l’ère où l’Afrique est envahie de toutes parts et au cours de laquelle les intellectuels africains proposent même des solutions pour permettre à des investisseurs étrangers de mieux pénétrer ce marché où ils sont tous en pleine concurrence acharnée.

En effet, il est question de savoir comme il y a quelques siècles qui aura la plus grande part de marché sur le continent. Et les stratégies pour atteindre cet objectif ne sont pas des moindres. Récemment, je lisais dans un rapport, «  Les atouts de l’Hexagone sont nombreux. Ce que la France peut apporter au continent est considérable. Ce qu’elle peut en retirer l’est tout autant. » Peut-on être plus clair dans ces cas et nous dire ce que la France à travers Areva a apporté de « considérable » aux Nigériens depuis qu’elle exploite les ressources de leur pays ? La réponse à cette interrogation nous aiderait fortement à mieux comprendre ces nouveaux partenariats qui s’ils ne sont pas bien négociés ne profiteront qu’à une élite ou une classe privilégiée dans les pays concernés.

Il faut savoir que nous ne sommes pas dans un monde de bisournous et que les plus forts dévoreront les plus faibles. C’est la loi du marché…

La Chine et compagnie

Savez-vous que les Chinois  qui sont aujourd’hui les principaux maîtres d’ouvrages des grandes infrastructures en Afrique-qui surenchérissent les coûts des travaux au nom du partenariat avec les pays- apprennent les langues autochtones ? Nous refusons de croire que nos amis, les Chinois apprennent le fon ou le yoruba au Bénin par exemple pour se fondre dans la masse.

Les  Indiens, les Brésiliens, les Américains, les Turcs ont défini des stratégies africaines très claires qu’ils mettent méthodiquement en oeuvre. Ces derniers ont bien compris que pour avoir du pouvoir dans un avenir proche, il fallait prendre de la place en Afrique, ce continent qui regorge de ressources.  On distribue notamment de plus en plus de bourses d’études aux étudiants africains. Les Indiens exportent avec succès leurs films Bollywood un peu partout en Afrique  et s’appuient  sur un réseau d’Organisations non gouvernementales (ONG). Le chercheur Daya Thussu nous parle à ce sujet du « Soft Power » de l’Inde en Afrique. Les Etats-Unis ne sont pas en reste. Derrière les discours pro démocrates, ils prônent des partenariats gagnant-gagnant avec les Africains.

L’Agro-Business représente aussi un pan non négligeable de cette situation :

Pendant que les paysans peinent à s’investir pour différentes raisons notamment économiques, les terres africaines sont rachetées par des investisseurs étrangers.

Tout ceci n’étant pas à condamner puisque c’est la résultante de l’incapacité de chaque Etat africain à exploiter lui-même ses propres ressources.

Inversement des tendances

Les mouvements migratoires changent, les jeunes Espagnols vont de plus en plus en Afrique  et si cette tendance tend à se généraliser, elle aura certainement les mêmes conséquences que tout mouvement migratoire. Reconnaissons-le, c’est une belle bien revanche, mais voyons de plus près, si les emplois restent précaires aujourd’hui malgré la croissance de certains pays, qu’adviendrait-il avec un flux migratoire important soutenu par le clientélisme et les facteurs culturels qui pèsent encore dans certains pays ?

Enjeu important

Loin de prôner un protectionnisme absolu, mais visant sensiblement au changement de certaines « règles du jeu », nous refusons surtout tout déterminisme qui tend à dire que l’Afrique est le continent de demain sans prendre en compte tous les aspects notamment le plus important, celui de ceux qui vont diriger ce continent et pas seulement.

D’ailleurs, dans un classement récent, le Botswana était présenté comme le  pays africain le plus prospère. Mais comment apprécier cette situation alors que le Botswana traverse en ce moment une pénurie d’eau très forte.

Pour certains, « Avec la démocratisation et la stabilité, beaucoup d’Africains de la diaspora rentrent au bercail ». Ce qui n’est pas erroné, mais d’une part la démocratisation n’étant pas effective dans tous les pays, qu’en est-il des autres Africains de la diaspora? et d’autre part leur donne-t-on les moyens d’agir et de développer leurs compétences une fois rentrés comme ils l’auraient souhaité ? Et combien parmi eux, suite à des échecs renouvelés ne retournent pas d’où ils viennent pour soit se reconstruire là-bas ou repenser leurs stratégies ?

Il est clair également que la situation géopolitique très instable en Afrique risque de ralentir cette croissance dont parle tout le monde. Avec des dirigeants despotes ou les situations catastrophiques comme celles qui se déroulent aujourd’hui au Congo ou en Centrafrique cela ne favorisera certainement pas la croissance dans ces pays mouvementés. D’où une inégalité de la croissance puisque certains pays seront exclus.

Arrêtons de généraliser  

Evitons de parler de façon globale quand il s’agit de parler de la croissance en Afrique. Les réalités sont très injustes sur le continent. Le Nigeria, grand pays pétrolier ne partagera pas demain ses richesses avec le Bénin, pays  sans ressources minières. Il contribue certes fortement à l’économie de ce dernier. Chaque pays se construit en fonction de ses ressources. Il en est de même pour le Kenya qui connaît une dynamique prospère ces dernières années.

Il est bien trop facile de dire l’Afrique a le meilleur taux de croissance alors qu’on sait très bien que le Ghana évolue peut-être mais le Niger reste l’un des pays les plus pauvres au monde  et que très peu de choses changeront pour la majorité s’il n’y a pas une vraie refonte du système politique. Encore que, le fameux taux de croissance  sans développement a beau croître, le chômage flambe et les commerçantes se plaignent constamment.

Le but de cet article n’est pas d’éloigner tout espoir du continent, mais de vous permettre de saisir des enjeux. Car c’est avant tout les ressources du continent qui sont convoitées et il vaut mieux que les Africains se mettent à les exploiter au lieu de se ravir de l’arrivée d’investisseurs étrangers qui apportent des fonds certes, mais servent avant tout leurs intérêts économiques.

L’Afrique ne fera pas de miracle si les Africains ne se mettent pas à la tâche.

Le débat reste ouvert car même si nous souhaitons des pays mieux dirigés, il s’agit de se demander déjà comment mieux dirigés et que mettons-nous dans ce terme, quelles sont les priorités où nous serons tous unanimes.  

Il y a quelques mois, je disais avoir de la chance d’être africaine, aujourd’hui je ne sais pas si j’aurais la chance de travailler sur ce continent.

Les discussions doivent aussi se tourner vers ces enjeux-là. Certains l’ont  compris comme on peut le découvrir dans l’intervention de ce jeune entrepreneur africain.    

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